Clarification et mise en garde contre la traduction automatique des sciences de l’Islam

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Au Nom d’Allâh, Louange à Allâh, et que la prière et le salut soient sur le Messager d’Allâh, qu’Allâh prie sur lui et le salue. Ceci étant :

L’un de nos frères étudiants francophones, qu’Allâh le récompense en bien — et d’autres m’y avaient déjà rendu attentif par le passé —, m’a signalé une affaire gravissime, qui dans son est miséricorde et bienfait, mais dont le fond ne manque pas de manquements et de fautes, dont la gravité variable, touchant à la religion et à ses sciences.

Il fallait donc le signaler et mettre en garde à ce sujet.

Un prédicateur francophone a publié la photo d’un jeune non-arabophone assistant à l’un des cours du Cheikh Souleymên Ar-Rouhèylî, qu’Allâh le préserve. Ce jeune utilisait l’application « Google Traduction » pour comprendre l’explication du Cheikh. Un hadith noble du Prophète, qu’Allâh prie sur lui et le salue, est apparu dans la traduction affichée, mais celle-ci comportait des erreurs manifestes de sens et de portée : le sens de certains termes s’est trouvé dénaturé, entraînant une altération du hadith — et c’est à Allâh que nous demandons le secours.

Les deux termes concernés, et la manière dont ils ont été déformés et substitués, sont les suivants :

Le Cheikh Souleymên, qu’Allâh le préserve, a dit : « Le Prophète, qu’Allâh prie sur lui et le salue, a certes dit : « Ô Allâh, ne fais pas de ma tombe une idole que l’on adore » — et ce sont là les associateurs dans la Seigneurie. Je cherche refuge auprès d’Allâh. »

Or la modification opérée par l’application « Google Traduction » a donné ceci :

  1. « sa tombe » au lieu de « ma tombe »
  2. « secondaire » au lieu de « idole »

Et voici la traduction de l’application : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ô Dieu, ne fais pas de sa tombe un lieu de culte secondaire. » Ce sont les polythéistes qui associent des associés à Dieu dans Sa Seigneurie. Je cherche refuge auprès d’Allah. »

À cela s’ajoutent d’autres fautes graves dans cette traduction automatique.

Font partie de ces dernières, la traduction du Nom de Majesté (Allâh) par « Dieu ».

Sachant que ce Nom Glorieux (Allâh) ne saurait en aucun cas être traduit.

Et sachant également que le terme « Dieu » est un vocable incongru, qu’il n’est pas licite en islam d’attribuer à Allâh, Exalté, en raison des sens qu’il porte : association, mécréance et outrage et blasphème à l’encontre de l’Être divin. Et tout cela se trouve attesté dans les dictionnaires français qui en exposent et en précisent les définitions.

Ainsi, que nos frères musulmans prennent conscience, et tout particulièrement les non-arabes, que le recours à ces applications et outils ouvre la porte à la falsification de la Parole d’Allâh, Exalté et Très-Haut, de la parole de Son Messager, qu’Allâh prie sur lui et le salue, et de la parole des savants de l’Islam.

Car ces applications ne reposent que sur des règles de traduction généraliste, valables dans l’ensemble — avec une extrême prudence — pour transmettre la parole des hommes dans les contextes linguistiques ordinaires ; alors qu’elles ne s’appuient absolument sur aucune méthodologie scientifique rigoureuse pour transmettre les sens des deux Révélations (le Qour’ên et la Sounna), lesquelles requièrent une compréhension pointue des termes et des contextes, ainsi qu’une maîtrise des significations religieuses et linguistiques à la lumière de la Voie des pieux prédécesseurs en matière de réception et de transmission des savoirs.

Et il est établi à ce sujet que l’erreur et les défaillances surviennent même chez certains traducteurs pourtant expérimentés dans la traduction de l’Islam — qu’en est-il alors d’une machine muette, dépourvue de raison, sans méthode ni méthode vérifiée ni vérificatrice !

Au fait, nous avons mis en garde, à maintes et maintes reprises, dans nos livres, nos articles et nos enregistrements audio, contre la gravité de l’erreur et des dérives dans la traduction islamique, et nous y avons consacré des séances dans notre série « Aux horizons de la traduction islamique », en particulier le premier épisode, en arabe et en français, intitulé : « Les défis de la traduction des deux Révélations », où nous avons exposé la gravité de ces traductions et ce qu’elles comportent de substitution de la religion — qu’Allâh nous en préserve —, sans compter l’existence de sites qui traduisent les grands volumes du Hadith, de la Croyance et du Fiqh en un temps record et en quantités immenses, tout cela sans méthode scientifique ni vérification salafie.

Ainsi me revient à l’esprit, dans ce même sens, la parole du Prophète, qu’Allâh prie sur lui et le salue : « L’œuvre la plus aimée d’Allâh est la plus constante, fût-elle peu abondante » — les traductions justes, même peu nombreuses, valent sans la moindre contestation mieux que les traductions erronées, même si elles sont nombreuses et quelle qu’en soit la force de leur diffusion ; car ce qui compte, c’est l’exactitude du sens et l’intégrité de la transmission, non l’abondance de la production ni la vitesse de sa propagation.

Il incombe aujourd’hui aux Gens de la Sounna, partisans de la Méthodologie des pieux prédécesseurs, l’obligation de préserver l’Islam authentique et de le transmettre, frais et intact, aux langues du monde ; car ces moyens l’exposent aux nations non-arabophones avec les fléaux et les périls redoutables mentionnés, et avec ce que nul autre qu’Allâh, Exalté et Très-Haut, ne saurait dénombrer de substitution des paroles à leurs places,  qu’Allâh nous en préserve !

Prenez donc garde frères et sœurs à vous reposer sur la traduction automatique des Textes islamiques, en raison de ce qui peut en résulter de dénaturation des sens ou de faux dans la compréhension et l’explication.

Nous demandons à Allâh, Très-Haut, qu’Il donne à ce jeune, et à d’autres jeunes non-arabophones, la compréhension de la langue de leur religion, et qu’Il leur facilite l’apprentissage de la science en pleine conscience.

Et, Louange à Allâh, Seigneur des mondes.

Écrit en arabe puis traduit en français par :

Dr Aboû Fahîma ‘Abd Ar-Rahmên Ayad

Maître de conférences en sciences du langage

Spécialiste des termes islamiques.

15 Rabî’ Èth-Thênî 1448

Cor. au 26/09/2026.

Publié sur : https://scienceetpratique.com/?p=14529

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