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Les clés du bien

 

Par le vertueux cheikh

Dr Abd Ar-Razzêq  Ibn ‘Abd El Mouhcin El Badr

 

Traduction de l’arabe et préface par

 

Aboû Fahîma ‘Abd Ar-Rahmên Ayad

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مَفَاتِيحُ الْخَيْرِ

 

 

لفضيلة الشَّيخ الدُّكتور

عَبد الرَّزَّاق بن عَبد المُحْسِن البَدر

 

ترجمها إلى اللُّغة الفرنسيَّة وقدَّم لها

 

أبُو فَهيمة عَبد الرَّحمن عَيَّاد

 

 

Éditions science et pratique

Courriel: edition.s.et.p@gmail.com

Première édition

Djoumêda el êkhira 1443/Janvier 2022

Pour toutes questions, suggestions ou erreurs, veuillez nous contacter à l’adresse suivante:

aboufahimaayad@gmail.com

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

 

Au nom d’Allâh, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

 

  

PRÉFACE

 

La louange est à Allâh, le Seigneur de l’univers. Et que la prière et le salut soient sur notre Prophète envoyé en miséricorde pour l’univers.

Ceci dit, Allâh سبحانه وتعالى (Exalté et Très-Haut) a créé les hommes et les a différenciés. Il y a parmi eux ceux qui sont voués à la perdition, comme il y a d’entre eux ceux qui sont destinés au bonheur. L’une et l’autre des deux catégories d’hommes, Allâh جلَّ وعلا (Majestueux et Très-Haut) les a conçues en mesure de Sa science, Sa justice, Sa faveur et Sa bienfaisance.

Mettant en évidence cette « bipolarisation » ou répartition bipolaire du genre humain, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

»  إِنَّ مِنَ النَّاسِ نَاسًا مَفَاتِيحَ لِلْخَيْرِ، مَغَالِيقَ لِلشَّرِّ، وَإنَّ مِنَ النَّاسِ نَاسًا مَفَاتِيحَ لِلشَّرِّ، مَغَالِيقَ لِلْخَيْرِ، فَطُوبَى لِمَنْ جَعَلَ اللهُ مَفَاتِيحَ الْخَيْرِ عَلَى يَدَيْهِ، وَوَيْلٌ لِمَنْ جَعَلَ اللهُ مَفَاتِيحَ الشَّرِّ عَلَى يَدَيْهِ«.

« Il y a certes parmi les gens ceux qui sont des clés pour ouvrir [les portes] du bien et fermer celles du mal ; et il y a parmi les gens ceux qui sont des clés pour ouvrir [les portes] du mal et fermer celles du bien. Bonheur alors à celui dont Allâh a mis les clés du bien dans ses mains, et malheur à celui dont Allâh a mis les clés du mal dans ses mains ! »[1]

Plusieurs autres Textes du Livre et de la Sounna identifient cette catégorisation de l’espèce humaine : les gens du bien et les gens du mal.

Ainsi, les gens bienveillants et attentifs à se faire profiter soi-même et faire profiter les autres, tant dans la religion que dans les affaires mondaines, sont certes du nombre de ces détenteurs des clés du bien, dont ils se servent pour ouvrir les portes de la bienfaisance et fermer celles du mal et de la malveillance. Et inversement, les gens propriétaires des clés du mal, et combien sont-ils plus nombreux !, sont ceux-là qui exercent dans la nuisance et la malfaisance de toutes sortes. Ils ferment les portes du bien et ouvrent celles du mal. « Bonheur alors à celui dont Allâh a mis les clés du bien dans ses mains, et malheur à celui dont Allâh a mis les clés du mal dans ses mains ! »

Dans ce livret que vous êtes en train de lire, chers et chères lecteurs et lectrices, vous trouverez beaucoup de détails sur ce sujet des clés du bien et des clés du mal, sur ceux qui détiennent les premières et ceux qui disposent des secondes. Des versets, des hadiths, des citations nous venant des prédécesseurs, des explications, des exemples illustrant clairement les œuvres de bien et leurs auteurs et les œuvres du mal et leurs faiseurs… Tous ces Textes et ces exemples ont bien argumenté cet opuscule du début jusqu’à la fin. Ils permettent en fait de parvenir, à la fin de la lecture, d’obtenir une compréhension assez approfondie de ce que veut dire être une clé du bien, ou être, à contrario, une clé du mal. Qu’Allâh nous en préserve du mal et de ses partisans, êmîn !

Or l’auteur, l’honorable cheikh et docteur : ‘Abd Ar-Razzêq El Badr حفظه الله تعالى (qu’Allâh Très-Haut le préserve !), a accordé la primauté, lors de son éclaircissement des clés du bien, à s’étaler sur l’Attestation de l’unicité, en citant, notamment, outre son sens, ses sept conditions.

Enfin, avant de poser ma plume, je voudrais noter, pour la mémoire, que ce très bénéfique ouvrage, j’avais commencé à travailler sur sa traduction il y a maintenant quinze (15) ans. Je l’avais en effet entamée le 28 safar 1428, corr. au 18 mars 2007 G. Mais, après avoir traduit plus de la moitié, je l’avais laissé de côté afin de pouvoir me libérer à cette époque pour d’autres travaux. Il a fallu, sans le faire exprès, attendre que toutes ces années passent pour la finaliser. Loué soit Allâh qui m’a permis de l’achever.

Voilà alors que je l’ai terminée aujourd’hui et l’offre gracieusement à mes chers frères et chères sœurs musulmans et musulmanes francophones. Puisse Allâh  جلَّ وعزَّ (Majestueux et Tout-Puissant) le rendre bénéfique et profitable à quiconque le lira, êmîn !

Aboû Fahîma ‘Abd Ar-Rahmên AYAD

Béjaia, le 24 djoumêda el êkhira 1443

Corr. au 27 janvier 2022 G.

La Louange est à Allâh, Le Longanime, L’Immense et Le Généreux. Il ouvre l’accès à la vérité à qui Il veut parmi Ses serviteurs, Il est certes L’Ouvreur, L’Omniscient. Et j’atteste que Mouhammed est Son serviteur et Messager. Allâh lui a accordé les [œuvres] qui ouvrent le bien, le rassemblent et le clôturent. Il l’a décrit qu’il est compatissant et miséricordieux envers les croyants ; qu’Allâh prie sur lui et le salue, ainsi que sa famille et tous ses compagnons.

Cela étant dit, il est certes parmi les domaines de la science les plus bénéfiques, qui abondent le plus en bien et en bons résultats au profit du musulman, celui de connaître les clés du bien, et les distinguer des clés du mal ; celui de savoir les choses qui engendrent de l’avantage de celles qui occasionnent de la nuisance.

En effet, Allâh سبحانه وتعالى (Exalté et Très-Haut) a réservé pour chaque bien une clé et une porte par laquelle on y pénètre. Il a également fixé à chaque mal une clé et une porte par laquelle on s’y introduit. Ainsi, toute chose recherchée possède une clé (miftêh) pour l’ouvrir. La clé est donc l’outil avec lequel on ouvre la chose recherchée. Elle se dit pour ce qui est concret, tel que la clé avec laquelle on ouvre un objet fermé, comme un cadenas par exemple, d’où Sa Parole تعالى (Très Haut) :

﴿وَآتَيْنَاهُ مِنَ الْكُنُوزِ مَا إِنَّ مَفَاتِحَهُ لَتَنُوءُ بِالْعُصْبَةِ أُولِي الْقُوَّةِ﴾

] القصص:  76.[

Nous lui avions donné des trésors dont les clefs pesaient lourd à toute une bande de gens forts﴿[2] El Qasas (Le Récit), v. 76 ; comme elle se dit également pour ce qui est abstrait, tel que dans le hadith :

 

»مِفْتَاحُ الصَّلَاةِ الطُّهُورُ«.

 

« La clé de la salât (prière) est l’ablution. »[3]

Ibn el Qayyim رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) a dit : « La clé est ce avec quoi on ouvre ce qui est fermé, ce qui fait qu’elle lui soit ouvreuse, et de là est la clé du Paradis « lê ilêha ill-Allâh : nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh. »[4]

Chapitre

El Fattêh (L’Ouvreur) est Allâh عزَّ وجلَّ (Puissance et Majesté à Lui). Il juge entre Ses serviteurs de ce qu’Il désire, et Il décide à leur sujet de ce qu’Il veut. Il gratifie ceux d’entre eux par ce qu’Il désire. Nul n’est en mesure de réfuter Son jugement ni de rejeter Sa décision et Son ordre.  Allâh تعالى (Très-Haut) a dit :

﴿قُلْ يَجْمَعُ بَيْنَنَا رَبُّنَا ثُمَّ يَفْتَحُ بَيْنَنَا بِالْحَقِّ وَهُوَ الْفَتَّاحُ الْعَلِيمُ﴾] سبأ: 26.[

 

Dis : « Notre Seigneur nous réunira, puis Il tranchera entre nous avec la vérité, car c’est Lui le Grand Juge, l’Omniscient ».﴿ Sabè’ (Saba), v. 26 ; et Il a aussi dit تعالى (Très-Haut) :

﴿وَسِعَ رَبُّنَا كُلَّ شَيْءٍ عِلْمًا عَلَى اللّهِ تَوَكَّلْنَا رَبَّنَا افْتَحْ بَيْنَنَا وَبَيْنَ قَوْمِنَا بِالْحَقِّ وَأَنتَ خَيْرُ الْفَاتِحِينَ﴾] الأعراف:  89.[

 

Notre Seigneur embrasse toute chose de Sa science. C’est en Allâh que nous plaçons notre confiance. Ô notre Seigneur, tranche par la vérité entre nous et notre peuple, car Tu es le meilleur des juges﴿ El A‘râf, v. 89 ; et Il a dit aussi تعالى (Très-Haut) :

﴿مَا يَفْتَحِ اللَّهُ لِلنَّاسِ مِن رَّحْمَةٍ فَلَا مُمْسِكَ لَهَا وَمَا يُمْسِكْ فَلَا مُرْسِلَ لَهُ مِن بَعْدِهِ وَهُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ﴾] فاطر:  2.[

Ce qu’Allâh accorde en miséricorde aux gens, il, n’est personne à pouvoir le retenir. Et ce qu’Il retient, il n’est personne à le relâcher après Lui. Et c’est Lui le Puissant, le Sage﴿ tir (Le Créateur), v. 2 ; et ainsi sont nombreux les versets qui vont dans ce sens.

Aussi, le terme ElFatêh est un des plus beaux Noms d’Allâh[5]. Il signifie un immense Attribut de perfection d’Allâh عزَّ وجلَّ (Puissance et Majesté à Lui).

Ibn el Qayyim رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) a dit dans sa Noûniyya :

Et aussi El Fatêh fait partie de Ses Noms,

Et El Feth (l’ouverture) dans Ses Attributs concerne deux types,

Un jugement qu’Il détermine, qui est la religion de notre Adoré,

Et la détermination des destins en est le second,

Et le Seigneur ouvre par ces deux types,

Par justice et bienfaisance de la part du Tout-Miséricordieux.

Ibn Sè‘dî رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) a dit dans son explication de ces vers : « El Fattêh, c’est le Juge, le Bienfaisant et le Très-Généreux. Et Son Feth (ouverture) تعالى (Très-Haut) est de deux types : le premier est Son ouverture relative à Son jugement religieux et à la rétribution, et le second concerne Son jugement relatif à la prédestinée.

Ainsi, Son ouverture relative à Son Jugement religieux, est ce qu’Il a légiféré sur les langues de Ses Messagers, cela veut dire tout ce dont les serviteurs responsables ont besoin, et leur permettra de s’appliquer au droit chemin.

Et Son ouverture relative à Sa rétribution, c’est de trancher entre Ses Prophètes et leurs adversaires et entre Ses alliés et Ses ennemis, et ce par le fait d’honorer et de sauver Ses Prophètes et leurs suiveurs, et d’humilier et de punir leurs ennemis ; de même que Son ouverture le Jour de la Résurrection, lorsqu’Il jugera entre les créatures, où tout auteur aura le salaire entier de ses œuvres.

Tandis que Son ouverture concernant Son destin, il s’agit de ce qu’Il prédestine à Ses serviteurs, que ce soit le bien ou le mal, ou de leur déterminer un profit ou une nuisance, de leur accorder des dons ou de les en priver. Allâh تعالى (Très-Haut) a dit :

﴿مَا يَفْتَحِ اللَّهُ لِلنَّاسِ مِن رَّحْمَةٍ فَلَا مُمْسِكَ لَهَا وَمَا يُمْسِكْ فَلَا مُرْسِلَ لَهُ مِن بَعْدِهِ وَهُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ﴾] فاطر:  2.[

Ce qu’Allâh accorde en miséricorde aux gens, il, n’est personne à pouvoir le retenir. Et ce qu’Il retient, il n’est personne à le relâcher après Lui. Et c’est Lui le Puissant, le Sage﴿tir (Le Créateur), v. 2.

Le Seigneur تعالى (Très-Haut) est L’Ouvreur qui ouvre à Ses serviteurs obéissants les coffres de Sa générosité et de Sa munificence ; quant à Ses ennemis, Il leur ouvre ce qui en est contraire, par Sa faveur et Sa justice. » [6]

Et il a également dit رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) : « Le Nom El Fatêh a deux sens : le premier revient à celui de Juge qui tranche entre Ses serviteurs et juge entre eux avec Sa Législation ; Il juge aussi entre eux en récompensant les obéissants et en punissant les désobéissants, ici-bas et dans l’au-delà, tel qu’Il a dit تعالى (Très-Haut) :

﴿قُلْ يَجْمَعُ بَيْنَنَا رَبُّنَا ثُمَّ يَفْتَحُ بَيْنَنَا بِالْحَقِّ وَهُوَ الْفَتَّاحُ الْعَلِيمُ﴾

] سبأ:26.[

Dis : « Notre Seigneur nous réunira, puis Il tranchera entre nous avec la vérité, car c’est Lui le Grand Juge, l’Omniscient ».﴿ Sabè’ (Saba), v. 26 ; et Il a dit aussi :

﴿رَبَّنَا افْتَحْ بَيْنَنَا وَبَيْنَ قَوْمِنَا بِالْحَقِّ وَأَنتَ خَيْرُ الْفَاتِحِينَ﴾] الأعراف:  89.[

Ô notre Seigneur, tranche par la vérité, entre nous et notre peuple, car Tu es le meilleur des juges﴿ El A‘râf, v. 89.

Le premier verset signifie qu’Allâh jugera entre les gens le Jour de la Résurrection ; Il accorde la victoire à la vérité et ses partisans dans ce bas monde, et Il honnit le faux et ses adeptes et leur inflige différentes sortes de punitions.

Le second sens par contre, c’est le fait qu’Allâh ouvre à Ses serviteurs toutes les portes des richesses et des biens ; Il a dit تعالى (Très-Haut) :

﴿مَا يَفْتَحِ اللَّهُ لِلنَّاسِ مِن رَّحْمَةٍ فَلَا مُمْسِكَ﴾] فاطر:  2.[

Ce qu’Allâh accorde en miséricorde aux gens, il, n’est personne à pouvoir le retenir﴿ tir (Le Créateur), v. 2.

Il confère à Ses serviteurs les bienfaits du bas monde et de la religion. Ainsi, Il ouvre pour ceux qu’Il a spécifiés par Sa douceur et Son assistance les verrous qui scellent les cœurs, et fait abonder sur ceux-ci des connaissances divines et des vérités de la foi qui réforment leurs états et leur permettent de se conformer au droit chemin. De plus, est encore plus spécifique que cela, l’ouverture, au profit des grands partisans de son amour et de Sa quête, des sciences divines, des états d’âme, des lumières éclatantes et des entendements et des goûts véridiques.

Il ouvre aussi à Ses serviteurs les portes des subsistances et les voies des causes de celles-ci, prépare aux pieux des dons et des moyens pour y recourir auxquels ils ne s’attendaient pas, donne à ceux qui placent leur confiance en Lui plus que ce qu’ils demandent et espèrent, leur facilite les affaires pénibles et leur ouvre les portes fermées. »[7]

Nous demandons à Allâh, L’implorons par ce Nom sublime, et L’invoquons qu’Il est L’Ouvreur et le meilleur de ceux qui ouvrent les portes du bien d’ouvrir nos cœurs à la foi authentique, la guidée parfaite et la conviction enracinée ; qu’Il ouvre pour nous les coffres de Sa miséricorde, les portes de Sa générosité, Sa grâce et Son ample faveur, Il entend certes les invocations et les exauce !

Chapitre

Cela étant, il fait partie des extrêmement importantes et plus bénéfiques clés, la parole de l’unicité (Tewhîd) : « lê ilêha ill-Allâh. » (Nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh). En effet, elle est la grâce accomplie et la clé du Paradis. Elle organise avec excellence la situation des gens et est le pic du bien et sa racine. L’imam Ahmed a rapporté dans son Mousned d’après Mou‘êdh ibn Djabel رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), a dit : « Le Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

»مَفَاتِيحُ الجَنَّةِ شَهَادَةُ أَنْ لَا إِلَهَ إْلَّا الله«.

« Les clés du Paradis sont l’attestation : ‘’ lê ilêha ill-Allâh’’, (nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh). »[8] Et Aboû Nou‘eym a rapporté d’après le hadith d’Anas رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !) qui a dit :

»قَالَ أَعْرابِيٌّ: يَا رَسُولَ الله، مَا مِفْتَاحُ الجَنَّةِ؟ قَال: أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا الله«.

 

« Un bédouin demanda au Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) : « Ô Messager d’Allâh ! Quelle est la clé du Paradis ? Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم lui dit : ‘’lê ilêha ill-Allâh’’. (Nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh). »[9]

Ces deux hadiths, même si leurs chaînes de transmission contiennent une faiblesse, leur sens est vrai et correct et ne comporte aucun doute.  De nombreux Textes du Livre et de la Sounna attestent de ceci. L’on trouve parmi ces derniers, ce qui a été attesté dans L’authentique de Mouslim selon le hadith de ‘Oumar Ibn El Khattâb رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), qui a dit : Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

»مَا مِنْكُمْ مِنْ أَحَدٍ يَتَوَضَّأُ فَيُبْلِغُ أَوْ يُسْبِغُ الْوُضُوءَ ثُمَّ يَقُولُ: أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ وَ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللهِ إِلَّا فُتِحَتْ لَهُ أَبْوَابُ الْجَنَّةِ الثَّمَانِيَةُ يَدْخُلُ مِنْ أَيِّهَا شَاءَ «.

« Pas une personne de vous qui parfait ses ablutions puis dit : Achehèdou èn lê ilêha ill-Allâh wa ènna Mouhammadèn raçoûlou-l-Lâh (j’atteste que nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh, et que Mouhammed est le Messager d’Allâh), sans que les huit portes du Paradis ne lui soient ouvertes et y accèdera par n’importe quelle qu’il désire. »[10]

Ce hadith est une preuve authentique et franche que les huit portes du Paradis s’ouvrent grâce au Tewhîd (unicité) ; elles s’ouvrent avec l’attestation « èn lê ilêha ill-Allâh ». (Que nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh). En revanche, ceux qui n’auront pas apporté cette unicité, leur cas sera tel qu’Allâh a dit :

﴿لاَ تُفَتَّحُ لَهُمْ أَبْوَابُ السَّمَاء وَلاَ يَدْخُلُونَ الْجَنَّةَ حَتَّى يَلِجَ الْجَمَلُ فِي سَمِّ الْخِيَاطِ﴾] الأعراف:  40.[

 

Les portes du ciel ne leur seront pas ouvertes, et ils n’entreront au Paradis que quand le chameau pénètre dans le chas de l’aiguille﴿ El A‘râf, v. 40.

Or, il convient de savoir que cette majestueuse clé (lê ilêha ill-Allâh), ne pourra profiter à son détenteur sauf s’il aura pratiqué les droits qu’elle exige. Elle ne sera utile que lorsque son propriétaire réalise ses piliers, s’applique à remplir ses conditions, et à accomplir ses droits connus dans le Livre et la Sounna. C’est pourquoi El Boukhârî a évoqué dans son Authentique, que Wehb Ibn Mounabbèh a été interrogé : « L’attestation ‘’lê ilêha ill-Allâh’’ n’est-elle pas la clé du Paradis ? Il répondit : Oui ! Mais, il n’est pas de clé sans panneton (dents). Si tu viendras [le jour de la Résurrection] avec une clé à pannetons les portes te seront ouvertes, sinon, dans le cas contraire, elles ne te seront pas ouvertes. »[11] Il faisait en fait allusion aux conditions de ce témoignage « lê ilêha ill-Allâh », (Nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh).

Ibn El Qayyim رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) a dit dans sa Noûniyya, sous le chapitre relatif à la clé du Paradis :

Ceci, et l’ouverture de la porte n’est pas possible,

Sauf avec une clé à panneton (à dents).

Sa clé est l’attestation de la sincérité et de l’unicité ;

Voilà le témoignage de la foi !

Ses dents (panneton) sont les actes qui sont les législations de l’islam,

Et la clé doit avoir un panneton.

N’annule point cette parabole, car combien a-t-elle donnée de,

Solution à des problématiques à celui qui est scient !

Par ailleurs, nos pieux prédécesseurs [As-Sèlèf AsSâlih] رحمهم الله (qu’Allâh leur fasse miséricorde !) ont souligné l’importance de prendre soin des conditions de l’attestation « lê ilêha ill-Allâh », de l’obligation de s’y conformer et qu’elle ne sera pas acceptée sans ces dernières. Parmi leurs paroles à ce sujet, celle qui est parvenue de la part d’El Hacèn El Basrî رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !), lorsqu’on l’a interrogé : « Des gens disent que quiconque dit ‘’lê ilêha ill-Allâh’’ entrera au Paradis. El Hacèn répondit en disant : quiconque dit ‘’lê ilêha ill-Allâh’’ et accomplit ses droits et son devoir entrera au Paradis ».

De même, El Hacèn a dit à El Farazdeq au moment où celui-ci enterrait sa femme : « Qu’as-tu préparé pour ce Jour ? Il dit : l’attestation ‘’lê ilêha ill-Allâh’’ depuis soixante dix ans ! Ainsi El Hacèn lui dit : quelle très bonne provision ! Mais, ‘’lê ilêha ill-Allâh’’ comporte des conditions, prends donc garde à la diffamation des femmes vertueuses ! »[12] Et nous avons également cité précédemment la parole de Wehb رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !).

De plus, après examen et consultation des Textes du Livre et de la Sounna par les gens de science, il est apparu que le témoignage de l’unicité ‘’lê ilêha ill-Allâh’’ n’est acceptable qu’avec sept conditions qui sont :

  1. La connaissance de son sens en négation et affirmation, contrairement au fait de l’ignorer.
  2. La certitude contraire au doute.
  3. La sincérité contraire à l’association et l’ostentation.
  4. La véracité contraire au mensonge.
  5. L’amour contraire à la haine et la détestation.
  6. L’observance contraire à l’abandon.
  7. L’acceptation contraire au rejet.

En outre, un certain savant a réuni ces conditions dans un seul vers en disant :

Science, certitude, sincérité et ta véracité avec

Amour, observance et son acceptation

Marquons maintenant un bref arrêt, afin de clarifier ce que désigne chacune de ces conditions, en citant en même temps quelques-unes de leurs preuves tirées du Livre et de la Sounna.[13]

 

Première condition 

C’est de connaître le sens que cette attestation contient avec ses deux parties, de négation et d’affirmation, connaissance qui est opposée à l’ignorance. C’est que la personne qui prononce cette attestation sache qu’elle nie toutes sortes d’adoration donnée à tout autre hormis Allâh, et qu’elle les confirme à Allâh seul, tel que le montre Sa Parole سبحانه وتعالى (Exalté et Très-Haut) :

﴿إيَّاكَ نَعْبُدُ وإِيَّاكَ نَسْتَعِينُ﴾] الفاتحة:  5.[

C’est Toi seul que nous adorons, et c’est Toi seul dont nous implorons secours﴿ El Fêtiha (L’Ouverture), v. 5. Cela veut dire : nous T’adorons et n’adorons pas un autre que Toi ; et c’est de Toi que nous implorons secours et nous ne l’implorons pas d’un autre que Toi.

Allâh تعالى (Très-Haut) a dit :

﴿فَاعْلَمْ أَنَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ﴾ ] محمد:  19.[

 

Sache donc qu’en vérité, il n’y a point de divinité à part Allâh﴿ Mouhammed, v. 5.

Et Il a aussi dit تعالى (Très-Haut) :

﴿إِلَّا مَن شَهِدَ بِالْحَقِّ وَهُمْ يَعْلَمُونَ﴾ ] الزخرف:  86.[

 

à l’exception de ceux qui auront témoigné de la vérité en pleine connaissance de cause﴿ Az-Zoukhrouf (L’Ornement), v. 86. Les exégètes du Qour’ên ont dit : « Excepté celui qui aura attesté par ‘’Lê ilêha ill-Allâh’’ ﴾en pleine connaissance de cause﴿, c’est-à-dire du sens de ce qu’ils ont témoigné, dans leurs cœurs et sur leurs langues ».

Il est également cité dans L’authentique de Mouslim, d’après le hadith de ‘Outhmên Ibn ‘Affên رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), le Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

»مَنْ مَاتَ وَهُوَ يَعْلَمُ أنَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، دَخَلَ الجَنَّةَ.«

« Quiconque meurt tout en sachant qu’il n’y a point de divinité digne d’être adorée à part Allâh, entrera au Paradis. »[14] Ainsi le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !)  a exigé la connaissance.

Deuxième condition 

C’est la certitude contraire au doute et au scepticisme. Cela veut dire que l’auteur de cette attestation doit être sûr en ayant une certitude ferme, qui n’enferme aucun doute ni soupçon. La certitude est la connaissance entière et parfaite. Allâh تعالى (Très-Haut) a dit en décrivant les croyants :

﴿إِنَّمَا الْمُؤْمِنُونَ الَّذِينَ آمَنُوا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ ثُمَّ لَمْ يَرْتَابُوا وَجَاهَدُوا بِأَمْوَالِهِمْ وَأَنفُسِهِمْ فِي سَبِيلِ اللَّهِ أُوْلَئِكَ هُمُ الصَّادِقُونَ﴾] الحجرات:  15.[

 

Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Allâh et en Son Messager, qui par la suite ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le chemin d’Allâh. Ceux-là sont les véridiques﴿ El Houdjourât (Les Chambres), v. 15. Le sens de Sa Parole : qui par la suite ne doutent point﴿ est qu’ils ont la certitude et ne doutent pas.

En outre, il est attesté dans l’Authentique de Mouslim, d’après Aboû Houreyra رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

 

»أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إلَّا اللهُ، و أَنِّي رَسُولُ اللهِ، لَا يَلْقَى اللهَ بِهِمَا عَبْدٌ غَيْرُ شَاكٍّ فِيهِمَا إِلَّا دَخَلَ الْجَنَّةَ «.

« J’atteste que nul n’est digne d’être adoré si ce n’est Allâh, et que je suis le Messager d’Allâh ; tout serviteur qui rencontrera Allâh muni de ces deux attestations en n’y doutant point entrera au Paradis. »[15]

Il est également cité dans L’authentique de Mouslim, toujours d’après Aboû Houreyra رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

»مَنْ لَقِيتَ مِنْ وَرَاءِ هَذَا الْحَائِطِ يَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَا اللهُ مَسْتَيْقِنًا بِهَا قَلْبُهُ فَبَشِّرْهُ بِالْجَنَّةِ«.

« Annonce l’entrée au Paradis pour toute personne que tu rencontreras derrière ce jardin, et qui atteste avec un cœur qui ne doute pas que nul n’est digne d’être adoré si ce n’est Allâh. »[16]Il a ainsi exigé la certitude.

 

Troisième condition 

Il s’agit de la sincérité contraire à l’association et l’ostentation. Cela se réalise par l’épuration des œuvres, de les purifier de toutes tares apparentes et latentes, et ce en vouant à Allâh seul une intention sincère dans toutes les adorations. Allâh تعالى (Très-Haut) a dit :

﴿أَلَا لِلَّهِ الدِّينُ الْخَالِصُ﴾] الزمر:  3.[

 

C’est à Allâh qu’appartient la religion pure﴿ Az-Zoumar (Les Groupes), v. 3 ; et Il a dit aussi تعالى (Très-Haut) :

﴿وَمَا أُمِرُوا إِلَّا لِيَعْبُدُوا اللَّهَ مُخْلِصِينَ لَهُ الدِّينَ﴾] البينة:  5.[

 

Il ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer Allâh, Lui vouant un culte exclusif﴿ El Bayyina (La Preuve), v. 5.

Et il est rapporté dans L’authentique d’El Boukhârî, d’après Aboû Houreyra رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

 

» أَسْعَدُ النَّاسِ بِشَفَاعَتِي يَوْمَ الْقِيَامَةِ مَنْ قَالَ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ خَالِصًا مِنْ نَفْسِهِ «.

 

« L’homme qui sera le plus heureux d’obtenir mon intercession le Jour de la Résurrection est celui qui aura dit : ‘’lê ilêha ill-Allâh (nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh) ‘’ sincèrement de son âme. »[17]Ici le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a exigé la sincérité.

 

Quatrième condition 

C’est la véracité contraire au mensonge. Cela se réalise par le fait que le serviteur prononce cette attestation avec un cœur véridique. La véridicité consiste à ce que le cœur soit en harmonie avec la langue. C’est pour cette raison qu’Allâh تعالى (Très-Haut) a réprouvé les hypocrites en disant :

﴿إِذَا جَاءكَ الْمُنَافِقُونَ قَالُوا نَشْهَدُ إِنَّكَ لَرَسُولُ اللَّهِ وَاللَّهُ يَعْلَمُ إِنَّكَ لَرَسُولُهُ وَاللَّهُ يَشْهَدُ إِنَّ الْمُنَافِقِينَ لَكَاذِبُونَ﴾] المنافقون:  1.[

 

Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : « Nous attestons que tu es certes le Messager d’Allâh » ; et Allâh sait que tu es Son Messager ; et Allâh atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs﴿ El Mounêfiqoûn (Les hypocrites), v. 1. Allâh سبحانه (Pureté à Lui) les a qualifiés de menteurs, car ce qu’ils ont dit avec leurs langues n’existait pas dans leurs cœurs.

Et Il a également dit سبحانه وتعالى (Exalté et Très-Haut) :

 

﴿ الم 1 أَحَسِبَ النَّاسُ أَن يُتْرَكُوا أَن يَقُولُوا آمَنَّا وَهُمْ لَا يُفْتَنُونَ 2 وَلَقَدْ فَتَنَّا الَّذِينَ مِن قَبْلِهِمْ فَلَيَعْلَمَنَّ اللَّهُ الَّذِينَ صَدَقُوا وَلَيَعْلَمَنَّ الْكَاذِبِينَ 3﴾] العنكبوت:  1-3.[

 

Alif, Lêm, Mîm. Est-ce que les gens pensent qu’on les laissera dire : « Nous croyons ! » sans les éprouver ? Certes, Nous avons éprouvé ceux qui ont vécu avant eux ; [Ainsi] Allâh connaît ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent﴿ El ‘Ankaboût (L’Araignée), v. 1-3.

De même, il est attesté dans les deux Authentiques, d’après Mou’êdh ibn Djabel رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), d’après le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) :

 

»مَا مِنْ أَحَدٍ يَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللهِ صَادِقًا مِنْ قَلْبِهِ إِلَّا حَرَّمَهُ اللهُ عَلَى النَّارِ «.

 

« Pas un individu qui atteste en disant avec un cœur véridique que nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh, et que Mouhammed est le Messager d’Allâh, sans qu’Allâh ne l’interdise à l’Enfer. »[18]Donc, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !)  a exigé la véracité.

 

Cinquième condition 

L’amour contraire à la haine et la détestation. L’auteur de cette attestation concrétisera ceci en aimant Allâh et Son Messager ainsi que l’islam et les musulmans, qui appliquent les injonctions d’Allâh et n’enfreignent pas Ses limites. En contrepartie, il devra détester quiconque s’oppose à cette attestation et commet ce qui l’annule tel que l’association (AchChirk) ou la mécréance. Et il est des Textes qui indiquent l’exigence de l’amour dans la foi, la Parole d’Allâh تعالى (Très-Haut) :

﴿وَمِنَ النَّاسِ مَن يَتَّخِذُ مِن دُونِ اللّهِ أَندَاداً يُحِبُّونَهُمْ كَحُبِّ اللّهِ وَالَّذِينَ آمَنُواْ أَشَدُّ حُبًّا لِّلّهِ وَلَوْ يَرَى الَّذِينَ ظَلَمُواْ إِذْ يَرَوْنَ الْعَذَابَ أَنَّ الْقُوَّةَ لِلّهِ جَمِيعاً وَأَنَّ اللّهَ شَدِيدُ الْعَذَابِ﴾] البقرة:  165.[

 

Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allâh, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allâh. Or les croyants sont les plus ardents en l’amour d’Allâh. Quand les injustes verront le châtiment, ils sauront que la force toute entière est à Allâh et qu’Allâh est dur en châtiment !﴿ El Baqara (La Vache), v. 165. Et il est dit dans le hadith : 

» أَوْثَقُ عُرَى الْإِيمَانِ الْحُبُّ فِي اللهِ وَالْبُغْضُ فِي اللهِ «.

« Le nœud de la foi le plus ferme est l’amour en Allâh et la haine en Allâh. »[19]

 

Sixième condition 

L’acceptation contraire au rejet. Il faudra accepter véritablement cette attestation tant par le cœur et la langue. Allâh nous a relaté dans le Noble Qour’ên les nouvelles de ceux qui ont précédé qu’Il sauva grâce à leur acceptation de ce témoignage «  lê ilêha ill-Allâh », (nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh) ; ainsi que la vengeance et la perdition qu’Il infligea à ceux qui l’ont refusé et rejeté.  Allâh تعالى (Très-Haut) a dit :

﴿ثُمَّ نُنَجِّي رُسُلَنَا وَالَّذِينَ آمَنُواْ كَذَلِكَ حَقًّا عَلَيْنَا نُنجِ الْمُؤْمِنِينَ﴾ ]يونس:  103.[

 

Ensuite, Nous délivrerons Nos Messagers et les croyants. C’est ainsi qu’il Nous incombe [en toute justice] de délivrer les croyants﴿ Yoûnous (Jonas), v. 103 ; et Il a dit aussiسبحانه  (à Lui la Pureté) au sujet des polythéistes :

﴿إِنَّهُمْ كَانُوا إِذَا قِيلَ لَهُمْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ يَسْتَكْبِرُونَ 35 وَيَقُولُونَ أَئِنَّا لَتَارِكُوا آلِهَتِنَا لِشَاعِرٍ مَّجْنُونٍ﴾] الصافات:  35-36.[

Quand on leur disait : « Point de divinité à part Allâh », ils se gonflaient d’orgueil, et disaient : « Allons-nous abandonner nos divinités pour un poète fou ? »﴿ AsSâffêt (Les Rangés), v. 103.

Septième condition

L’observance contraire à l’abandon. Car il est inévitable à celui qui professe l’attestation «  lê ilêha ill-Allâh » de se conformer à la religion d’Allâh. Il doit se soumettre à Son jugement et remettre sa face à Allâh, parce que c’est avec cela qu’il sera attaché à ce témoignage. Dans ce sens Allâh تعالى (Très-Haut) a dit :

﴿وَمَن يُسْلِمْ وَجْهَهُ إِلَى اللَّهِ وَهُوَ مُحْسِنٌ فَقَدِ اسْتَمْسَكَ بِالْعُرْوَةِ الْوُثْقَى﴾] لقمان:  22.[

Et quiconque soumet son visage (être) à Allâh, tout en étant bienfaisant, s’accroche réellement à l’anse la plus ferme﴿ Louqmên, v. 103. C’est-à-dire qu’il a tenu fermement à la croyance propre à «  lê ilêha ill-Allâh » (nul n’est en droit d’être adoré si ce n’est Allâh). Ici Allâhسبحانه  (Pureté à Lui) a exigé l’observance à Sa religion. Ceci s’accomplit en soumettant son être à Allâhسبحانه  (à Lui la Pureté).

Ce sont donc celles-ci les conditions de l’attestation de foi «  lê ilêha ill-Allâh ». Cependant, l’objectif n’est pas de les dénombrer et les mémoriser uniquement, car combien de personne lambda qui les a réalisées et s’y est attachée, alors que si on lui demande de les citer elle ne saura pas le faire, et combien y a-t-il de personnes qui les ont efficacement apprises, mais malgré cela elles commettent des choses qui leur sont opposées ! Alors, ce qui est requis, c’est à la fois la science et la pratique, afin que l’homme soit véridiquement du nombre des partisans de ce témoignage «  lê ilêha ill-Allâh », de ceux qui appartiennent véritablement à la parole de l’unicité (Tewhîd).

 

Chapitre

Allâh تعالى (Très-Haut) a dit :

﴿وَسِيقَ الَّذِينَ كَفَرُوا إِلَى جَهَنَّمَ زُمَرًا حَتَّى إِذَا جَاؤُوهَا فُتِحَتْ أَبْوَابُهَا وَقَالَ لَهُمْ خَزَنَتُهَا أَلَمْ يَأْتِكُمْ رُسُلٌ مِّنكُمْ يَتْلُونَ عَلَيْكُمْ آيَاتِ رَبِّكُمْ وَيُنذِرُونَكُمْ لِقَاء يَوْمِكُمْ هَذَا قَالُوا بَلَى وَلَكِنْ حَقَّتْ كَلِمَةُ الْعَذَابِ عَلَى الْكَافِرِينَ 71 قِيلَ ادْخُلُوا أَبْوَابَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا فَبِئْسَ مَثْوَى الْمُتَكَبِّرِينَ 72 وَسِيقَ الَّذِينَ اتَّقَوْا رَبَّهُمْ إِلَى الْجَنَّةِ زُمَرًا حَتَّى إِذَا جَاؤُوهَا وَفُتِحَتْ أَبْوَابُهَا وَقَالَ لَهُمْ خَزَنَتُهَا سَلَامٌ عَلَيْكُمْ طِبْتُمْ فَادْخُلُوهَا خَالِدِينَ 73 وَقَالُوا الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي صَدَقَنَا وَعْدَهُ وَأَوْرَثَنَا الْأَرْضَ نَتَبَوَّأُ مِنَ الْجَنَّةِ حَيْثُ نَشَاء فَنِعْمَ أَجْرُ الْعَامِلِينَ﴾] الزمر:  71-74.[

 

Et ceux qui avaient mécru seront conduits par groupes en Enfer. Puis, quand ils y seront, ses portes s’ouvriront et ses gardiens leur diront : « Des Messagers [choisis] parmi vous ne vous sont-ils pas venus, vous récitant les versets de votre Seigneur et vous avertissant de la rencontre de votre Jour que voici ? » Ils diront : si, mais le décret du châtiment s’est avéré juste contre les mécréants. « Entrez, leur dira-t-on, par les protes de l’Enfer, pour y demeurer éternellement ». Comme est mauvais le lieu de séjour des orgueilleux ! Et ceux qui avaient craint leur Seigneur seront conduits par groupes au Paradis. Puis, quand ils y seront et que ses portes s’ouvriront, ses gardiens leur diront : « Salut à vous ! Vous avez été bons : entrez donc, pour y demeurer éternellement ». Et ils diront : « Louange à Allâh qui nous a tenu Sa promesse et nous a fait hériter la terre (le sol du Paradis) ! Nous allons nous installer dans le Paradis là où nous voulons ». Que la récompense de ceux qui font le bien est excellente !﴿ Az-Zoumar (Les Groupes), v. 71-74 ; et Il a dit au sujet de l’Enfer :

﴿لَهَا سَبْعَةُ أَبْوَابٍ لِّكُلِّ بَابٍ مِّنْهُمْ جُزْءٌ مَّقْسُومٌ﴾] الحجر:  44.[

Il a sept portes ; et chaque porte en a sa part déterminée﴿ El Hidjr, v. 44.

L’Enfer a des portes dont la clé est la mécréance, le reniement, l’association, l’hypocrisie, l’orgueil, la dépravation et la désobéissance. Le Paradis, lui aussi a des portes, sa la clé est le Tewhîd (l’unicité), la salât (prière), le jeûne, le bien et la bienfaisance ainsi que d’autres actes d’obéissance.

D’après Aboû Houreyra رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

»مَنْ أَنْفَقَ زَوْجَيْنِ فِي سَبِيلِ اللِه نُودِيَ مِنْ أَبْوَابِ الْجَنَّةِ، يَا عَبْدَ اللهِ هَذَا خَيْرٌ، فَمَنْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الصَّلَاةِ دُعِيَ مِنْ بَابِ الصَّلَاةِ، وَمَنْ كاَنَ مِنْ أَهْلِ الْجِهَادِ دُعِيَ مِنْ بَابِ الْجِهَادِ، وَمَنْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الصِّيَامِ دُعِيَ مِنْ بَابِ الرَّيَّانِ، وَمَنْ كَانَ مِنْ أَهْلِ الصَّدَقَةِ دُعِيَ مِنْ بَابِ الصَّدَقَةِ. قَالَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ: بِأَبِي أَنْتَ وَأُمِّي يَا رَسُولَ اللهِ، مَا عَلَى مَنْ دُعِيَ مِنْ تِلْكَ الْأَبْوَابِ مِنْ ضَرُورَةٍ، فَهَلْ يُدْعَى أَحَدٌ مِن تِلْكَ الْأَبْوابِ كُلِّهَا؟ قَالَ: نَعَمْ، وَأَرْجُو أَنْ تَكُونَ مِنْهُمْ«.

 

« Quiconque dépense dans le sentier d’Allâh deux paires sera appelé des protes du Parais : ‘’Ô serviteur d’Allâh ! Cela est un bien’’ ; ainsi celui qui est partisan de la salât (prière) sera appelé de la porte de la salât, et celui qui est partisan du djihad sera appelé de la porte du djihad ; et celui qui est partisan du jeûne sera appelé de la porte du Rayyên, et celui qui est partisan de l’aumône sera appelé de la porte de l’aumône. À ce moment, Abou Bakr رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !) dit :’’Que mes père et mère soient donnés en rançon pour toi, Ô Messager d’Allâh ! Celui qui sera invité de ces portes ne sera point lésé, mais est-il possible que quelqu’un soit appelé par toutes ces portes ? Il dit صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) : ‘’Oui, et j’espère que tu sois parmi eux ! »[20]

Il est également rapporté dans les deux Authentiques, d’après Sèhl Ibn Sè’d رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

»فِي الجَنَّةِ ثَمَانِيَةُ أبْوَابٍ، فِيهَا بَابٌ يُسَمَّى الرَّيَّانَ، لا يَدْخُلُهُ إلَّا الصَّائِمُونَ«.

 

« Il y a dans le Paradis huit portes dont une s’appelle Ar-Rayyên, dont seuls les jeûneurs y pénétreront. »[21]

Par ailleurs, la première personne qui demandera à ce qu’on lui ouvre la porte du Paradis est notre Prophète Mouhammed صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !).

À cet sujet, Mouslim a rapporté dans son Authentique d’après Anas Ibn Mêlik رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

»آتي بَابَ الْجَنَّةِ يَومَ القِيامَةِ فأسْتفْتِحُ، فيَقولُ الخازِنُ: مَن أنْتَ؟ فأقُولُ: مُحَمَّدٌ، فيَقولُ: بكَ أُمِرْتُ لا أفْتَحُ لأَحَدٍ قَبْلَكَ «.

« Je viendrai à la porte du Paradis le Jour de la Résurrection et demanderai qu’on me l’ouvre, à ce moment le gardien me dira : qui est-tu ? Je lui dirai : Mouhammed. Il dira : c’est à toi qu’il m’a été ordonné de l’ouvrir, de n’ouvrir à personne avant toi. »[22]

 

Et il (Mouslim) a également rapporté, toujours d’après Anas Ibn Mêlik رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

»أَنَا أَوَّلُ شَفِيعِ فِي الْجَنَّةِ «.

« Je serai le premier intercesseur dans le  Paradis. »

Et dans une autre version à lui aussi :

»وَأَنَا أَوَّلُ مَنْ يَقْرَعُ بَابَ الْجَنَّةِ «.

« Je serai le premier à frapper à la porte du Paradis. »[23]

Chapitre

Cela étant, il n’est pas une chose recherchée qui n’aurait pas une clé pour l’ouvrir. La clé du Paradis, tel qu’il est cité précédemment, est le Tewhîd (l’unicité). De même, la clé de la salât (la prière) est l’ablution, comme ceci a été attesté dans le hadith.

Ibn El Qayyim رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) a dit : « Allâh سبحانه (à Lui la Pureté) a conçu les choses tel que chaque objectif ait une clé pour l’ouvrir. Il a ainsi fait que la clé de la salât soit l’ablution, tel que le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) a dit :

»مِفْتَاحُ الصَّلَاةِ الطُّهُورُ«.

« La clé de la salât est l’ablution. »[24]

Et la clé du hadjdj est l’acte de sacralisation [el Ihrâm] ; et la clé du bien est la véridicité ; et la clé du Paradis est le Tewhîd ; et la clé de la science est de bien poser des questions et de bien écouter ; et la clé du triomphe et de la victoire est la patience ; et la clé de la croissance [des biens] est le remerciement ; et la clé de l’Alliance [d’Allâh]  est l’amour et le rappel ; et la clé de la réussite est la piété ; et la clé de l’assistance divine est de désirer Allâh et de le craindre ; et la clé de l’exaucement est l’invocation ; et la clé pour désirer l’au-delà est l’ascétisme ici-bas ; et la clé de la foi est de penser aux choses dont Allâh a invité Ses serviteurs à y penser ; et la clé pour entrer auprès d’Allâh est d’avoir un cœur soumis et sain pour Lui, de même que de Lui être sincère dans l’amour, la haine, et dans le cas de faire ou de ne pas faire tel ou tel acte ; et la clé de la vie du cœur est de méditer le Qour’ên, et d’implorer Allâh au temps de l’aube et de délaisser les péchés ; et la clé pour acquérir la miséricorde est de bien adorer le Créateur, ainsi que de faire profiter Ses serviteurs ; et la clé de la subsistance est la recherche de celle-ci tout en demandant le pardon à Allâh et en se munissant de la crainte pieuse ; et la clé de la puissance est l’obéissance à Allâh et à Son Messager ; et la clé pour se préparer pour l’au-delà est d’avoir une courte espérance [en l’ici-bas] ; et la clé de tout bien est de désirer Allâh et la demeure dernière ; et la clé de tout mal est l’amour du bas monde et la longue espérance.

Il s’agit là d’un domaine extrêmement important, un des plus profitables domaines de la science, qui est de connaître les clés du bien et du mal, dont nul ne peut être assisté pour le connaître et y prendre soin excepté celui qui jouit d’une énorme faveur et aide de la part d’Allâh. »[25]

Aussi, une somme de paroles dans ce sens a été rapportée des prédécesseurs رحمهم الله (qu’Allâh leur fasse miséricorde !), je cite d’entre elles les suivantes :

▪ ‘Èwn Ibn ‘Abd Allâh a dit : « Le souci que le serviteur se fait de son péché l’invite à le délaisser, et le regret qu’il éprouve à son sujet est une clé pour la repentance ; et le serviteur ne cesse de se soucier du péché qu’il a perpétré au point que ce dernier lui soit plus profitable que quelques-unes de ses bonnes actions. »[26]

▪ Soufyên Ibn ‘Ouyeyna a dit : « La méditation est la clé de la miséricorde, ne vois-tu pas que le serviteur se livre à la méditation et se repent. »[27]

▪ Wèhb a dit : « Le silence est une compréhension de la pensée, et la pensée est la clé de la parole, et dire la vérité est un guide vers le Paradis. »[28]

▪ Mouhammed Ibn ‘Alî a dit à son fils : « Ô mon fils ! Prends garde à la paresse et l’ennui, car ils sont la clé de tout mal. Si tu es paresseux tu ne pourras pas remplir de droit, et si tu t’ennuies tu ne pourras pas patienter sur une vérité. »[29]

▪ El Hacèn a dit : « La clé des mers sont les bateaux, et la clé de la terre sont les chemins et la clé du ciel est l’invocation. »[30]

▪ Sèhl Ibn ‘Abd Allâh a dit : « Abandonner la passion est la clé du Paradis, vu Sa Parole تعالى (Très-Haut) :

﴿وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى 40 فَإِنَّ الْجَنَّةَ هِيَ الْمَأْوَى﴾] النازعات:  40-41.[

Et pour celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur, et préservé son âme de la passion, le Paradis sera alors son refuge﴿ An-Nêzi‘êt (Les Anges qui arrachent les âmes), v. 4-41. »[31]

▪ Soufyên a dit : « Jadis on disait : la longueur du silence est la clé de l’adoration. »[32]

▪ Le cheikh de l’islam (Ibn Teymiyya) a dit : « La véridicité est la clé de tout bien, et le mensonge est la clé de tout mal. »[33]

▪ Et il a dit aussi رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) : « L’invocation est la clé de tout bien. »[34]

Chapitre

En outre, au même titre que chaque porte de bien a une clé, le mal, lui également, chacune de ses portes a une clé. Dans ce sens, il est attesté de la part du Prophète  qu’il a dit :

 

»لَا تَشْرَبِ الْخَمرَ؛ فَإِنَّھَا مِفْتَاحُ كَلِّ شَّرٍّ «.

 

« Ne bois pas le vin, car il est la clé de tout mal ! »[35]

Ibn El Qayyim رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) a dit : « Allâh سبحانه وتعالى (Exalté et Très Haut) a fait que chaque bien et mal ait une clé et une porte par laquelle on y pénètre, Il a ainsi conçu que l’Association (Ach-Chirk) l’orgueil, l’abandon de ce qu’Allâh a révélé à Son Messager, l’inattention vis-à-vis de Son rappel et de l’accomplissement de Son droit soient une clé pour le Feu ; Il a fait aussi que le vin soit la clé de chaque péché, et Il a fait que la richesse soit la clé de la fornication ; et Il a fait que le regard délibéré face aux aspects physiques soit une clé pour le désir et la volupté ; et Ila fait que la paresse soit la clé de la déception et de la frustration ; et Il a fait que les actes de désobéissance soient la clé de la mécréance ; et Il a fait que le mensonge soit la clé de l’hypocrisie ; et Il a fait que la parcimonie et la convoitise soient la clé de l’avarice, de la rupture des liens de sang et de l’emprise illicite sur les biens d’autrui ; et Il a conçu que le fait de se détourner de ce que le Messager a apporté soit la clé de tout hérésie et égarement. Et, ces choses, n’y croit que chaque personne qui possède une clairvoyance authentique et une raison avec laquelle elle saura le bien et le mal qu’il y a dans son âme et dans l’univers. L’homme se doit donc de s’occuper entièrement de connaître les clés et ce pourquoi elles sont conçues ; et Allâh est garant de sa réussite et sa justesse, c’est à Lui qu’appartiennent la royauté, la louange ainsi que la grâce et la faveur, Il n’est certes pas interrogé sur ce qu’Il fait alors que les serviteurs seront interrogés. »[36]

Chapitre

Bien plus, les gens eux-mêmes, il y a parmi eux qui sont une clé pour ouvrir les portes du bien et fermer celles du mal ; et il y a parmi eux, qu’Allâh nous en préserve !, ceux qui sont une clé pour ouvrir les portes du mal et fermer celles du bien. Cela dépend en fait de leur état par rapport au bien et par rapport au mal. Et, chaque récipient transpire de ce qu’il contient.[37]

Ibn Mêdja a rapporté dans ses Sounèn, ainsi qu’Ibn Abî ‘Âsim dans As-Sounna et d’autres, d’après le hadith d’Anas Ibn Mêlik رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !) qui a dit :

»  إِنَّ مِنَ النَّاسِ نَاسًا مَفَاتِيحَ لِلْخَيْرِ، مَغَالِيقَ لِلشَّرِّ، وَإنَّ مِنَ النَّاسِ نَاسًا مَفَاتِيحَ لِلشَّرِّ، مَغَالِيقَ لِلْخَيْرِ، فَطُوبَى لِمَنْ جَعَلَ اللهُ مَفَاتِيحَ الْخَيْرِ عَلَى يَدَيْهِ، وَوَيْلٌ لِمَنْ جَعَلَ اللهُ مَفَاتِيحَ الشَّرِّ عَلَى يَدَيْهِ«.

« Il y a certes parmi les gens ceux qui sont des clés pour ouvrir [les portes] du bien et fermer celles du mal ; et il y a certes parmi les gens ceux qui sont des clés pour ouvrir [les portes] du mal et fermer celles du bien. Bonheur alors à celui dont Allâh a mis les clés du bien dans ses mains, et malheur à celui dont Allâh a mis les clés du mal dans ses mains ! » Ce hadith est de chaîne narrative qui est bonne.[38]

En effet, les Imams de la guidée, les prédicateurs de la Sounna, les hommes qui font triompher la religion et les transmetteurs de la science qui invitent les gens à la guidée (bonne direction) et patientent sur le mal qui les atteint de leur part, et qui, par le Livre d’Allâh, ils font revivre les morts[39], et par Sa Lumière, ils rendent les aveugles clairvoyants, ceux-là sont les clés du bien.[40] C’est pourquoi une parole d’une chaine narrative qui est très bonne, est parvenue de la part d’Anas Ibn Mêlik رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !), le rapporteur du hadith précédent ; il a dit : « Certes, le bien a des clés. Et certainement, Thêbit El Bounênî est une des clés du bien. »[41]

Et Thêbit رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) fait partie des vénérables parmi les Têbi‘în (successeurs aux compagnons). Il était un transmetteur de la science et un de ceux qui faisaient triompher la Sounna. C’est pourquoi il était une clé du bien. Et c’est ainsi qu’est l’affaire des Imams de la religion, des transmetteurs de la Sounna, et des prédicateurs du bien. Sont tous des clés qui ouvrent le bien et ferment le mal.

Quant aux prédicateurs du Faux, et à ceux qui font triompher l’hérésie (el bid‘a) et aux gens des passions avec leurs différentes tendances, leurs diverses méthodes ou voies et leurs distinctes orientations, ils sont tous des clés du mal. Ils coupent par leurs passions les rangs des musulmans. Ils divisent par leurs hérésies la parole (l’inion) des croyants. Ils propagent entre ces derniers l’aversion, la rupture et l’inimitié.

Les Gens de la Sounna sont au fait la clé de l’union, du cramponnement et de la concorde autour de la vérité et de la guidée. Cependant, les gens de l’hérésie sont la clé de la divergence, de la division et de la séparation dans le Faux et la perdition. La Sounna unit (les gens), et l’hérésie les divise.

Ibn Sè‘dî رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) a dit pour démontrer les caractéristiques des clés du bien : « Parmi donc ce qui en est de plus important : l’enseignement et la propagation des sciences bénéfiques, car elles sont la clé de tous les biens. Et parmi [ces clés] également : l’ordonnance du bien et l’interdiction du mal avec gentillesse, douceur, longanimité et sagesse. Il relève aussi de [ces clés], le fait que le serviteur engage une bonne pratique, qu’il mette en route un projet qui sera bon et profitable dans lequel les gens le suivront. Car, toute personne qui entreprend une bonne pratique, aura sa récompense et la récompense de ceux qui la feront, sans que cela ne diminue rien de leurs propres récompenses. Et de même, celui qui met en œuvre une mauvaise pratique, aura certes sa mauvaise rétribution ainsi que celle de ceux qui la feront jusqu’au Jour de la Résurrection.

Parmi également [ces clés du bien], le fait de prodiguer des conseils bénéfiques dans la religion ou dans les affaires qui relèvent du bas monde. En effet, les gens qui donnent des conseils sont des clés pour ouvrir les portes des bienfaits et fermer celles du mal.

En outre, il appartient à l’homme, quand il fréquente et cohabite avec les gens, de saisir l’occasion pour les faire occuper dans le bien, et de faire en sorte que ses assises ne soient pas dépourvues de bénéfices ou d’alléger un mal et le repousser, autant que faire se peut. Car combien de bienfaits, de bien et de récompense sont accordés à celui qui est facilité dans cette affaire, et combien de beaucoup de maux sont repoussés par sa cause. Le principal en cela est que l’homme ait le désir pour le bien et pour faire profiter les gens. En fait, quand celui-ci vise le désir pour le bien et que son intention soit ferme pour le réaliser selon ses capacités, qu’il demande l’aide d’Allâh dans cela, et qu’il entreprend les choses comme il se doit, il ne cessera certes d’acquérir du bien et d’être récompensé. »

Ensuite le cheikh رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !) a dit pour montrer les caractéristiques des clés du mal : « En contrepartie, le fait que l’homme ne désire pas le bien, lui fera perdre beaucoup de bien. Et, si, en plus de cela, il se prive de donner des conseils aux gens, ne vise pas à les avantager de n’importe quelle manière que ce soit, voire il se pourrait même qu’il ait l’intention de leur nuire et de les trahir pour des mobiles psychologiques ou des croyances corrompues, dans ce cas, il aura apporté la cause majeure de l’arrivée des nuisances et de la perte des bienfaits. Voilà qui mérite véritablement d‘être identifié comme étant une clé qui ouvre les portes du mal et ferme celles du bien. Nous recherchons alors la protection d’Allâh contre les maux de nos âmes et les méfaits de nos œuvres ! »[42]

Il a aussi dit رحمه الله (qu’Allâh lui fasse miséricorde !), dans un sermon, très éloquent, des clés du bien et du mal : « Soyez alors, qu’Allâh vous fasse miséricorde !, des clés qui ouvrent les portes des biens et ferment celles des maux et des fléaux. Ainsi quiconque parmi vous est sincère envers Allâh, conseilleur pour les serviteurs d’Allâh, actif dans le bien selon ses possibilités, celui-ci est donc une clé du bien et il acquerra le bonheur. Quant à celui qui est contraire à cela, sera donc une clé qui ferme les portes du bien. Celui-là est certes atteint par le malheur. Au fait, il se trouve parmi les gens, celui qui quand il se rassemble avec eux, il sera attentif à les occuper dans ce qui leur est profitable dans leur religion et dans leur bas monde. Or, il y a également celui qui les fait occuper avec ce qui leur nuit et ne les concerne pas. Il leur empêche le bien et les entraîne dans le malheur. Il y a aussi parmi les gens celui qui fait des efforts pour rapprocher les cœurs, unir la parole et réaliser l’alliance (c.-à-d. entre les musulmans). Et il y a celui qui active dans la provocation des troubles, du schisme, du désaccord et de la divergence. Il y a également celui qui s’évertue à faire dissiper la haine qu’il y a dans les cœurs. Et il y a en outre celui qui attise la rancœur  dans leurs cœurs. Il y a parmi eux celui qui incite à la libéralité, la générosité et la bienveillance. Et il y a aussi celui qui invite à l’avarice, la parcimonie et l’insolence. Il se trouve aussi parmi les gens celui qui varie les œuvres de bien : avec son corps, sa parole et son argent. Et il y a celui qui ne connait point le bien, même s’il est peu ! Ne t’interroge donc pas sur son état. Il y a également celui dont les assises sont occupées de médisance, de calomnie et d’atteinte aux gens. Et il y a au contraire celui qui s’épargne de tout cela et épargne ceux qui s’assoient avec lui. Il y a celui dont la narration rappelle Allâh, et aide les gens par ses propos et sa situation à Lui obéir ; et il leur ordonne d’accomplir les droits obligatoires et souhaitables. Et il y a à l’opposé celui qui décourage les gens d’accomplir le bien ; ses situations ne sont pas dignes de confiance. Que soit Béni Celui qui a différencié les gens d’une telle différenciation ! L’un est noble auprès d’Allâh et auprès de Ses serviteurs ; et l’autre est ignoble. L’un est béni et profitera à quiconque prendra contact avec lui ; et l’autre est instigateur à tout mauvais comportement. L’un est une clé pour la bienfaisance, la piété et les voies des biens ; et l’autre est une clé qui les ferme et qui ouvre les maux et les fléaux. L’un est fiable et s’avère garant des vies, des honneurs et des biens ; et l’autre est un traitre auquel on ne peut en aucun cas lui faire confiance. L’un, les musulmans sont épargnés de sa langue et sa main[43] ; et l’autre n’épargne personne, et il se peut même que sa nuisance atteint sa famille et ses enfants. Puisse Allâh me protéger ainsi que vous des œuvres, des comportements et des passions répréhensibles ; et qu’Allâh nous préserve de tout mal, qu’il soit restreint à nous-mêmes ou nous dépasse pour atteindre les autres, et qu’Il nous préserve de la calamité ; et qu’Allâh nous accorde la guidée, la piété, la chasteté et la probité ! »[44]

Chapitre

Le Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) lui ont été données les clés du bien ainsi que les œuvres qui le rassemblent. En effet, il est rapporté dans Le Mousned et Les Sounèn d’An-Nacê’î, d’après le hadith de ‘Abd Allâh Ibn Mès‘oûd رضي الله عنه (qu’Allâh l’agrée !) : « Le Messager d’Allâh lui ont certes été apprises les ouvertures (clés) du bien, les œuvres qui le rassemblent et le clôturent. »[45]

Cela étant, celui qui souhaite avoir les œuvres rassemblant le bien, ses clés qui l’ouvrent et qui le ferment, qu’il s’applique alors à la Sounna et qu’il prenne fortement garde à l’hérésie (la bid‘a). Et celui qui désire réunir les gens et leur ouvrir les portes du bien, qu’il leur apprenne alors la Sounna et qu’il leur enseigne la religion d’Allâh. Car leur ouvrir les portes du bien ne se fait qu’en les appelant à la Sounna du Messager d’Allâh صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !), puisque c’est elle qui comporte les œuvres qui rassemblent le du bien ainsi que les clés qui l’ouvrent.

Enfin, je dirai : il est certainement des choses qui sont les plus bénéfiques pour le musulman dans cette vie, le fait de distinguer les clés du bien des clés du mal. Ceci afin qu’il soit clairvoyant et pénétré de lumière dans son adoration, sa science et sa prédication.

Imaginez, qu’Allâh vous fasse miséricorde !, l’état d’un homme auquel on aura donné une maison ayant beaucoup de chambres dotées de plusieurs équipements, dont quelques-uns sont beaux et d’autres moches, certains sont bons et d’autres mauvais… Il y a dans ces chambres ce qui est bénéfique et ce qui est maléfique, ce qui rend heureux et ce qui rend triste ; puis on indiquera à cet homme les clés de ces chambres, mais il ne sait pas bien à quoi elles sont faites ! Sans aucun doute, celui qui se trouve dans un pareil état sera perturbé dans cette maison, et il risquera même beaucoup de grands dangers et dommages. Il sera en fait dans une situation trouble, ne sachant pas ce qui lui est avantageux de ce qui lui est nocif, ni ce qui lui procurera de la tristesse de ce qu’il lui apportera de la joie.

Où est donc celui-là par rapport à celui qui distingue le vrai du faux, la guidée de l’égarement, la Sounna de l’hérésie, ce qui est beau de ce qui est laid, ce qui profite de ce qui nuit et ce qui est original de ce qui est intrus :

﴿أَفَمَن يَعْلَمُ أَنَّمَا أُنزِلَ إِلَيْكَ مِن رَّبِّكَ الْحَقُّ كَمَنْ هُوَ أَعْمَىٰ ۚ إِنَّمَا يَتَذَكَّرُ أُولُو الْأَلْبَابِ﴾] الرعد:  19.[

Celui qui sait que ce qui t’est révélé de la part de ton Seigneur est la vérité, est-il semblable à l’aveugle ? Seuls les gens doués d’intelligence réfléchissent bien﴿ Ar-Ra‘d (Le Tonnerre), v. 19.

Effectivement, ces deux catégories de gens ne sont pas égales dans la balance de la vérité :

﴿وَمَا يَسْتَوِي الأَعْمَى وَالْبَصِيرُ * وَلا الظُّلُمَاتُ وَلا النُّورُ * وَلا الظِّلُّ وَلا الْحَرُورُ * وَمَا يَسْتَوِي الأَحْيَاءُ وَلا الأَمْوَاتُ﴾] فاطر:  19-22.[

L’aveugle et celui qui voit ne sont pas semblables, ni les ténèbres et la lumière, ni l’ombre et la chaleur ardente. De même, ne sont pas semblables les vivants et les morts.﴿ tir (Le Créateur), v. 19-22.

Ô Allâh, pourvois-nous de la compréhension de Ton Livre et du suivi de la Sounna de Ton Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم (qu’Allâh prie sur lui et le salue !) ; et fais que nous soyons des guides bien-guidés, de ceux qui disent la vérité et jugent par elle ; et fais de nous des clés qui ouvrent les portes du bien et ferment celles du mal, par ta Grâce et Ta Générosité, ô Plus Généreux des Généreux ! Ô Meilleur des Ouvreurs !

C’est avec cela que s’achève cette épître, et notre dernière invocation est Louange à Allâh, le Seigneur de l’univers !

Et qu’Allâh prie et salue notre Prophète Mouhammed, sa famille,  et tous ses compagnons ![46]

[1]Ce hadith est rapporté par Ibn Mêdja d’après Anas Ibn Mêlik, et il est jugé de bonne chaine narrative par El Elbênî dans Sahîh El Djêmi‘, n°2223.

[2]Il est parvenu dans certains livres d’exégèse que ses (Qâroûn : Coré) clés étaient fabriquées de cuir et qu’on les portait sur soixante mulets, mais Allâh en est plus Savant. Il a également été dit que « les clefs » dans le verset signifient les trésors et les coffres ; El-Leyth a dit : « le pluriel du mot miftêh (clef) avec lequel on ouvre est mafêtîh (clefs), alors que le pluriel de miftèh (ainsi, avec un accent grave sur le /e/ au lieu de l’accent circonflexe) signifie le coffre ou l’armoire. Voir : Tehdhîb ÈlLougha d’El Azharî, vol. 4, pp. 446-447.

[3]Rapporté par Aboû Dêwoud, n°61 ; et par Et-Tirmidhî, n°3 et il est authentifié par El Elbênî dans Sahîh el Djêmi‘, n°5885.

[4]Voir Hêchiyet Tehdhîb As-Sounen, vol. 1, p. 45.

[5]Pour connaître le sens de ce Nom d’Allâh ainsi que les autres, lire notre traduction Les plus Beau Noms d’Allâh et leurs sens, de l’érudit As-Sè‘dî, sur : https://scienceetpratique.com/les-plus-beaux-noms-dallah-et-leurs-sens-

[6]Voir El Heqq El Wâdih El Moubîn, pp. 44-45.

[7]Voir Feth Ar-Rahîm El Mèlik El cAllêm Fî ‘Ilm El ‘Aqê’id Wa-t-Tewhîd We-l Akhlêq We-l Ahkêm El Moustenbata Mina-l-Qour’ên, p. 48.

[8]Voir El Mousned, n°22102. El Heythamî a dit dans El Mèdjmè‘, vol. 1, p. 16 : « Hadith rapporté par Ahmed et El Bazzâr, sa chaîne de transmission est marquée d’une interruption entre les deux rapporteurs Chahr et Mou‘êdh ; de même, la narration d’Ismê‘îl Ibn ‘Ayyêch d’après les gens du Hedjaz est faible, dont fait partie ce hadith ».

[9]Hadith cité par ibn El Qayyim dans Hêdî El Arwâh, p. 99.

[10]Sahîh de Mouslim, n°234.

[11]Sahîh d’El Boukhârî, vol. 2, n°377.

[12]Voir Kalimèt El Ikhlâs d’Ibn Radjab, p. 14.

[13]Voir leur ample explication dans Ma‘êridj El Qaboûl, du cheikh Hêfidh Hakamî, vol. 1, p. 377 et suivantes.

[14]Voir Sahîh de Mouslim, n° 26.

[15]Voir le Sahîh de Mouslim, n° 27.

[16]Voir le Sahîh de Mouslim, n° 31.

[17]Voir le Sahîh de Mouslim, n° 99.

[18]Voir Le Sahîh d’El Boukhârî, n°128, et Le Sahîh de Mouslim, n°32.

[19]Rapporté dans El Mousned de l’imam Ahmed, vol. 4, n°286, et sa chaîne de transmission est jugée bonne par l’érudit El Elbênî dans AsSahîha, n°1728.

[20]Voir Le Sahîh d’El Boukhârî, n°1897 ; et Le Sahîh de Mouslim, n°1027.

[21]Voir Le Sahîh d’El Boukhârî, n°3257 ; et Le Sahîh de Mouslim, n°1152.

[22]Voir Le Sahîh de Mouslim, n°197.

[23]Voir Le Sahîh de Mouslim, n°196.

[24]Rapporté par Aboû Dêwoud, n°61 ; Et-Tirmidhî, n°3, et il est authentifié par El Elbênî dans Sahîh El Djêmic, n°5885.

[25]El Djewêb El Kêfî, p. 100.

[26]Rapporté par Aboû Nou‘eym dans El Hilya, vol. 4, p. 251.

[27]Rapporté par Aboû Ach-Cheykh dans el cAdhama, n°39.

[28]Rapporté par Aboû Ach-Cheykh dans el cAdhama, n°55.

[29]Rapporté par Aboû Noueym dans El Hilya, vol. 3, p. 183.

[30]Cité par el Qourtobî dans son exégèse, vol. 14, p. 53.

[31]Cité par El Qourtobî dans son exégèse, vol. 19, p. 135.

[32]Rapporté par Ibn Abî Ad-Dounyâ dans AsSamt, n° 136.

[33]El Istiqâma, vol. 1, p. 467.

[34]Voir Medjmoû‘ El Fatêwâ, vol. 10, p. 661.

[35]Sounèn Ibn Mêdja, n°3371, et il est authentifié par El Elbênî dans Sahîh El Djêmi‘, n°7334.

[36]El Djewêb El Kêfî, p. 100.

[37]NDT. Proverbe arabe qui signifie que chaque personne laisse voir dans ses actes ce qu’il y a en elle comme bien et mal. Or, son emploi pour parler d’une personne désagréable est plus fréquent.

[38]Voir Sounèn Ibn Mêdja, n° 237 ; et As-Sounna d’Ibn Abî ‘Âsim, n° 297.

[39]NDT. Mort ici est entendu au sens figuré qui veut dire qu’il est mort spirituellement, parce qu’il ne suit pas le droit chemin. Allâh Très-Haut a dit :

﴿أَوَمَن كَانَ مَيْتًا فَأَحْيَيْنَاهُ وَجَعَلْنَا لَهُ نُورًا يَمْشِي بِهِ فِي النَّاسِ كَمَن مَّثَلُهُ فِي الظُّلُمَاتِ لَيْسَ بِخَارِجٍ مِّنْهَا ۚ كَذَٰلِكَ زُيِّنَ لِلْكَافِرِينَ مَا كَانُوا يَعْمَلُونَ﴾] الأنعام:  122.[

« Celui qui était mort puis Nous l’avons revivifié et lui avons donné une Lumière avec laquelle il marche parmi les gens, est-il pareil à celui qui est dans les ténèbres desquelles il ne sortira jamais ? Ainsi Il (Allâh) a embelli aux mécréants ce qu’ils faisaient ! » El An‘êm (Les Bestiaux), v. 122.

[40]L’ouverture du bien se réalise par le fait de montrer le bien aux gens, de les appeler vers lui, les inciter et les motiver à le pratiquer, et ainsi de suite. Quant à l’ouverture du bien qui est le fait d’ouvrir son cœur pour le bien et d’être facilité pour l’accepter, celle-là est une chose propre à Allâh عزَّ وجلَّ (Puissant et Majestueux). L’ouverture est donc de deux types : une ouverture qui se réalise par l’homme grâce à la prédication, l’indication et la clarification, et une ouverture qui ne provient que d’Allâh, par la guidée, l’assistance (ou la facilitation) et l’inspiration.

[41]Rapportée par Ibn Abî Cheyba, vol. 7, p. 240 ; et par Aboû El Qâcim El Baghaouî dans El Djè‘diyyêt, n°1385.

[42]Voir l’ouvrage Ar-Riyâd An-Nâdhira dans la compilation complète de ses livres, vol. 1, pp. 512-513.

[43]NDT. Expression prophétique signifiant l’état d’une personne qui ne fait du mal ni par sa langue ni par sa main.

[44]Voir El Fawêkih Ach-Chahiyya Fî El Khoutab El Minbariyya, pp. 114-115.

[45]Voir Le Mousned d’Ahmed, n°4160 ; et Les Sounèn d’An-Nacê’î, vol. 2, n°238.

[46]Cette épître était à l’origine une conférence donnée le dimanche 04/2/1424 H., dans la salle des conférences à l’Université Islamique.