Réponse à un frère au sujet de la traduction du Noble Qour’ên

جواب لأخ في الله عن ترجمة القرآن الكريم

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Le texte ci-dessous est une réponse à un de nos frères m’ayant interrogé sur la traduction du Qour’ên. Je le publie ici espérant qu’il soit bénéfique aux frères et sœurs lecteurs et lectrices.

Question :

السلام عليكم ورحمة اللّه وبركاته

Une réponse des « Gens » du « Métier » serait inéluctable !

Ce qu’est sûr, la Foi prime tout !

L’Islam nous enseigne surtout la modestie et Allah Tout Savant Dit :

« و فوق كل ذي علم عليم »

Et à ma grande ignorance, on m’a appris que les traductions du Saint Coran restent des Essais ! certes demeure toujours le meilleur et le plus que meilleur.

Et après tout on souhaite apprendre de vous cher monsieur

Réponse :

وعليكم السلام ورحمة الله وبركاته،

S’agissant de la traduction du Qour’ên, il faut savoir, voire croire, que celui-ci est inimitable. C’en est un de ses caractères capitaux. On ne saurait jamais, au grand jamais, le reproduire dans n’importe quelle autre langue que ce soit. Bien plus, même dans sa propre langue, l’arabe, on ne peut le reconstituer.

Par ailleurs, il faudrait peut-être préciser ce que veulent dire au juste ceux qui avancent « que les traductions du Saint Coran restent des Essais ». Des essais de quoi ? de traduction ou de reproduction ? La traduction du Qour’ên ne peut en aucun cas être une reproduction, du fait de son inimitabilité.

Je pense en fait que le problème se situe au niveau du terme « Essai ». Car celui-ci s’oppose de front au terme « traduction ».

La traduction du Qour’ên est par définition la transposition du sens des mots d’un texte A vers un texte B, dans une langue source vers une langue cible. C’est une forme d’explication du texte coranique dans une autre langue que l’arabe. C’est une sorte d’exégèse. Donc dire que telle traduction du Qour’ên est un essai, reviendrait à dire que le traducteur n’explique pas le Qour’ên, mais essaye de l’expliquer !

C’est ce que font les exégètes. Ils commentent et expliquent les versets coraniques. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que les bons traducteurs du Qour’ên se servent des exégèses de référence chez les Gens de la Sounna. Au fait, les exégèses sont des traductions faites dans la langue arabe. On traduit de l’arabe dans de l’arabe. C’est ce qu’on appelle en traductologie l’intra-traduction. Et ici justement apparait le sens du terme « traduction », qui signifie explication.

Enfin, semble-t-il que l’allégation en question « Essai de traduction du Coran » nous est venue des orientalistes. Et on sait à l’heure actuelle que les traductions du Qour’ên de mauvaise qualité scientifique sont celles des orientalistes et des traducteurs qui leur emboitent le pas.

Traduire le Qour’ên n’est pas en faire une copie dans une autre langue, mais de le transférer vers une autre langue, en définissant ses mots et ses versets. Donc il n’y a plus lieu de prétendre, par modestie ou par prétention, que c’est un essai de traduction…

Pour une lecture plus poussée sur le sujet, je te conseille mon article « Approches linguistiques pour la traduction des textes religieux », disponible sur : https://scienceetpratique.com/?p=14319

Dr Aboû Fahîma ‘Abd Ar-Rahmên AYAD

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