Règle : La traduction n’est pas un simple transfert de mots
Le traducteur islamique, rigoureux et vérificateur, se doit d’œuvrer à l’élévation du niveau du lecteur.
Pour ce faire, il lui appartient de scruter le sens des termes en disséquant leur contexte discursif vivant au sein du texte, mot par mot et particule par particule. Il s’agit ensuite de rechercher le terme approprié dans la langue cible (le français pour nous). Le traducteur doit disloquer le mot, le séparer de ses particules s’il est composé, examiner le sens de chaque partie, et remonter à ses racines étymologiques au sein de sa famille lexicale.
C’est ainsi qu’apparaîtra le terme idéal, ou le « terme jumeau », parmi tous les synonymes français partageant le même champ sémantique que le concept arabe ou islamique visé. Si nécessaire, il faudra élaborer des notes explicatives et exégétiques en bas de page ; cela relève incontestablement des exigences de la traduction scientifique.
En effet, lorsque le lecteur francophone du patrimoine islamique a sous les yeux un texte traduit avec rigueur, il respecte la précision du terme et parvient à en saisir l’environnement islamique. Cela l’amène, progressivement et inconsciemment, à adopter un système de pensée islamique authentique, fondé sur les fondements des pieux prédécesseurs (Salaf), au lieu de diluer les concepts islamiques dans des cadres occidentaux reposant sur des fondements souvent opposés à ceux de l’islam.
Cette dynamique linguistique et conceptuelle offrira au lecteur la possibilité d’une lecture authentique de l’islam, loin des terminologies philosophiques, chrétiennes ou modernistes, qui sont à la fois déformées et déformantes.
Et, sache que cette lecture occidentale extravagante des sciences de l’islam — mise en avant par des traducteurs et auteurs francophones durant de longues décennies, et dont le rythme s’est accéléré ces vingt dernières années — a largement contribué à produire ce qui est désormais connu sous le nom « l’Islam de France » !
Cela étant, serait-il alors concevable qu’un traducteur s’attèle à une œuvre scientifique de nos prédécesseurs, imprégnée de leurs termes et expressions, pour ensuite les traduire par des mots occidentaux et des styles séculiers qui contredisent l’esprit et l’identité de cette religion ancestrale qui palpitent à travers ces mots ?
Il nous incombe donc de travailler à l’adaptation de la langue française, afin qu’elle puisse englober le concept islamique authentique et servir l’islam, et non l’inverse.
Or, le traducteur ne pourra atteindre ce degré d’excellence dans la rigueur, la vérification et le « forage linguistique » qu’en délaissant l’oisiveté et le repos, et en faisant preuve d’une détermination sans faille dans l’étude et la persévérance.
L’acquisition de la science religieuse et des sciences du langage — dont la traductologie — demeure certes la voie la plus droite pour y parvenir.
Allâh Seul est le Garant du succès et c’est auprès de Lui que l’on cherche aide et assistance.
Dr Aboû Fahîma
‘Abd Ar-Rahmên Ayad
Publié sur : https://scienceetpratique.com/?p=14090
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