{"id":12270,"date":"2024-03-27T18:37:18","date_gmt":"2024-03-27T17:37:18","guid":{"rendered":"https:\/\/scienceetpratique.com\/?p=12270"},"modified":"2026-03-21T17:54:53","modified_gmt":"2026-03-21T16:54:53","slug":"12270-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/scienceetpratique.com\/?p=12270","title":{"rendered":"Les \u00e9quivalents culturels, des monstres qui d\u00e9vorent la repr\u00e9sentation du r\u00e9el en islam"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/scienceetpratique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Les-equivalents-culturels-des-monstres-qui-devorent-la-representation-du-reel-en-islam.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-12273 size-full\" src=\"http:\/\/scienceetpratique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Les-equivalents-culturels-des-monstres-qui-devorent-la-representation-du-reel-en-islam.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Les-equivalents-culturels-des-monstres-qui-devorent-la-representation-du-reel-en-islam.jpg 450w, https:\/\/scienceetpratique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Les-equivalents-culturels-des-monstres-qui-devorent-la-representation-du-reel-en-islam-300x300.jpg 300w, https:\/\/scienceetpratique.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Les-equivalents-culturels-des-monstres-qui-devorent-la-representation-du-reel-en-islam-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Les \u00e9quivalents culturels, des monstres qui d\u00e9<\/strong><\/span><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>vorent la repr\u00e9sentation du r\u00e9el en islam<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800000;\"><strong>Dr Abderrahmane AYAD<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800000;\"><strong>(Abo\u00fb Fah\u00eema)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">PDF<\/p>\n<p>Parmi les ph\u00e9nom\u00e8nes de la traduction qui sont un probl\u00e8me en soi, particuli\u00e8rement pour ce qui concerne la traduction islamique, il y a celui des \u00e9quivalences culturelles. L\u2019\u00e9quivalence culturelle est-elle une traduction\u00a0? Certainement pas\u00a0!<\/p>\n<p>La traduction est certainement un fait de bilinguisme<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>, mais aussi ind\u00e9niablement un fait d\u2019interculturalit\u00e9\u00a0; et, pr\u00e9cis\u00e9ment de biculturalit\u00e9. Chaque langue \u00e9tant en effet v\u00e9hiculaire de la culture qui lui est sienne. Et puisqu\u2019on est, au moment de l\u2019op\u00e9ration traduisante, confront\u00e9s \u00e0 deux syst\u00e8mes linguistiques (arabe\/fran\u00e7ais) diff\u00e9rents, les deux cultures inh\u00e9rentes \u00e0 chacun, diff\u00e9rentes aussi, sont en comp\u00e9tition incessante.<\/p>\n<p>Ici justement \u00e9merge le ph\u00e9nom\u00e8ne des \u00e9quivalences qui, chez les traducteurs ciblistes, donne autorit\u00e9 \u00e0 la culture de la langue r\u00e9ceptive, c\u2019est-\u00e0-dire la langue 2 ou B ou encore d\u2019arriv\u00e9e ou d\u2019accueil, selon les diff\u00e9rentes terminologies en usage en linguistique et en traductologie, donc la langue fran\u00e7aise pour nous.<\/p>\n<p>Nous parlons de ph\u00e9nom\u00e8ne des \u00e9quivalences, car le traducteur \u00e0 un moment de l\u2019acte traductif s\u2019arr\u00eate d\u2019\u00eatre traducteur et bascule dans la culture de l\u2019Autre, pour ainsi devenir auteur, et c\u2019est justement \u00e0 ce niveau qu\u2019il quitte sa posture d\u2019effac\u00e9, le traducteur \u00e9tant par d\u00e9finition un effac\u00e9 lors de son exercice, dit-on\u00a0; il se place alors dans la posture d\u2019un cr\u00e9ateur de texte ou d\u2019un \u00e9crivain et non plus d\u2019un \u00ab\u00a0r\u00e9-\u00e9crivain\u00a0\u00bb, car, la traduction, n\u2019est, stricto sensu, pas une \u00e9criture, mais une r\u00e9\u00e9criture\u00a0; une reconstitution int\u00e9grale dans une langue B d\u2019un texte pr\u00e9alablement constitu\u00e9 dans une langue A. Le texte \u00e9crit pr\u00e9existe au texte traduit. Celui-ci lui est subordonn\u00e9.<\/p>\n<p>Or, ce passage de traducteur en auteur s\u2019effectue \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 le traducteur commence \u00e0 chercher dans la culture d\u2019arriv\u00e9e (fran\u00e7aise) des \u00e9quivalents pour \u00ab dire \u00bb des expressions, certains mots et groupes de mots, des proverbes, etc. qui, \u00e0 ses yeux, seraient leurs \u00e9quivalents. Ainsi on saura que l\u2019\u00e9quivalence en ce sens de rechercher des r\u00e9f\u00e9rents culturels plus ou moins \u00ab semblables \u00bb aux r\u00e9f\u00e9rents \u00e0 traduire, n\u2019est plus un acte traduisant mais un acte \u00e9crivant. L\u2019on l\u00e2che de ce fait le domaine de la traduction pour celui de l\u2019\u00e9criture ou de la r\u00e9daction. Une sorte de rupture avec le texte source. Et c\u2019est par l\u00e0, notons-le, que s\u2019ouvre une des br\u00e8ches de l\u2019adaptation des textes de d\u00e9part et de la trahison. Le traducteur, dans une pareille allure, sanctionne l\u2019auteur ; il censure sa pens\u00e9e et usurpe son statut.<\/p>\n<p>Aussi, l\u2019\u00e9quivalence, de ce point de vue-l\u00e0, va en contradiction totale avec l\u2019esprit m\u00eame de ce qu\u2019est la Traduction. On ne traduit pas pour plaire, comme est l\u2019approche cibliste, appel\u00e9e \u00e0 juste titre les belles infid\u00e8les par certains linguistes, mais on traduit pour transposer des connaissances, transf\u00e9rer du sens d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre, d\u2019une culture \u00e0 l\u2019autre, on fait passer les \u00e9l\u00e9ments culturels du texte de d\u00e9part tels quels, afin que le lecteur lisant la traduction prenne connaissance de choses nouvelles appartenant \u00e0 la culture arabe&#8230; L\u2019on parle ici de plein droit de traduction et d\u2019interculturalit\u00e9. On traduit pour instruire.<\/p>\n<p>Un admirateur fascin\u00e9 des belles lettres se penchera plut\u00f4t sur les \u00e9crits litt\u00e9raires et les textes rh\u00e9toriques ou po\u00e9tiques et leurs traductions, et non sur les traductions islamiques.<\/p>\n<p>Sous l\u2019op\u00e9ration du choix des \u00e9quivalents d\u2019une culture \u00e0 l\u2019autre et en se permettant \u00e0 les d\u00e9terminer comme tels pour l\u2019expression ou le proverbe que le traducteur a sous les yeux, celui-ci n\u2019est plus dans l\u2019interculturel, mais dans la d\u00e9culturation, dans la d\u00e9possession du Texte et de son auteur de leur propre identit\u00e9<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a>\u00a0; un autre grand ph\u00e9nom\u00e8ne qui pose \u00e9norm\u00e9ment probl\u00e8me en traduction islamique.<\/p>\n<p>Pourtant, dans les traductions religieuses, la m\u00e9thode requise par les premiers th\u00e9oriciens est bien la traduction litt\u00e9rale<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><strong>[3]<\/strong><\/a>, celle-ci m\u00eame qui est adopt\u00e9e par la suite par l\u2019\u00e9cole sourci\u00e8re, qui, elle, est aux antipodes de l\u2019\u00e9cole cibliste. M\u00e9thode de traduire qui remonte \u00e0 deux mill\u00e9naires, consacr\u00e9e sp\u00e9cialement au Texte sacr\u00e9, tel que l\u2019a initi\u00e9e en premier Saint J\u00e9r\u00f4me (347-420) par son diptyque : \u00ab <em>verbum de verbo <\/em>\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0- dire, mot-\u00e0-mot dans le cas des myst\u00e8res (il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Bible), mais sens pour sens, \u00ab <em>sed sensum exprimer de sensu <\/em>\u00bb<em>, <\/em>partout ailleurs<em>. <\/em>Expression qui a \u00e9t\u00e9 reformul\u00e9e quelques ann\u00e9es plus tard par le grand admirateur de Saint J\u00e9r\u00f4me : Saint Augustin (354-430), qui a formul\u00e9 la notion de <em>fid\u00e9lit\u00e9, <\/em>autour de laquelle se cristallisera la probl\u00e9matique centrale de toutes les th\u00e9ories de traduction \u00e0 venir.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a><\/p>\n<p>Dans ce m\u00eame rapport, d\u00e9crivant dans <em>Les belles infid\u00e8les <\/em>la d\u00e9marche litt\u00e9raliste de la traduction des Textes sacr\u00e9s mise au point par St J\u00e9r\u00f4me, G. Mounin rappelle les propos de ce dernier : \u00ab Et pour son propre compte, saint J\u00e9r\u00f4me ajoute :\u2019\u2019Quand je traduis les Grecs, \u2014 sauf dans les saintes \u00c9critures, o\u00f9 l\u2019ordre des mots et aussi myst\u00e8re, \u2014ce n\u2019est pas un mot par un mot, mais une id\u00e9e par une id\u00e9e, que j\u2019exprime \u00bb [<em>Non verbum e verbo, sed sensum exprimere de sensu<\/em>]<em>. \u00bb<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><strong>[5]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p>Pour sa part, Micha\u00ebl Oustinoff \u00e9crit \u00e0 ce sujet : \u00ab Cette distinction introduite par saint J\u00e9r\u00f4me est essentielle : elle souligne la diff\u00e9rence entre textes religieux et textes profanes au regard de la traduction. Dans le premier cas, il faut davantage s\u2019en tenir au mot \u00e0 mot. C\u2019est la m\u00e9thode que pr\u00e9conise Philon [n\u00e9 av. l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne], membre de la communaut\u00e9 juive d\u2019Alexandrie : seule la traduction litt\u00e9rale serait en mesure de ne pas alt\u00e9rer les textes sacr\u00e9s. \u00bb<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><strong>[6]<\/strong><\/a><\/p>\n<p>Nonobstant, ce qui s\u2019est tr\u00e8s tristement pass\u00e9 dans les Textes islamiques que l\u2019on traduit est bien \u00e9trange. Nombre consid\u00e9rable, si ce n\u2019est majoritaire, de traducteurs ont invers\u00e9 la r\u00e8gle. Ils traduisent les Textes de l\u2019islam sous la m\u00e9thode de la traduction libre, qui n\u2019est autre que celles des Belles infid\u00e8les ! Ils ont effectivement effac\u00e9 les fronti\u00e8res qui se trouvent entre un texte religieux et un texte profane. Raison pour laquelle on ne cesse de produire non seulement des traductions qui d\u00e9naturent le Texte source \u00e0 bien des \u00e9gards, mais de pr\u00e9senter \u00e9galement des livres dont l\u2019apport scientifique et intellectuel est tr\u00e8s faible, voire quelquefois fauss\u00e9. C\u2019est pourquoi on lit tant de traductions, mais on sort \u00e0 la fin de chaque lecture avec des b\u00e9n\u00e9fices maigres, sur tous les plans (religion, langue, traduction, culture, etc.). Il est question, par cons\u00e9quent, d&rsquo;une des raisons principales retardant l\u2019acquisition religieuse chez les lecteurs francophones.<\/p>\n<p>Revenons au sujet qui nous pr\u00e9occupe, concernant justement ce syst\u00e8me des \u00e9quivalences culturelles. Nous sommes en fait en droit de nous demander est est-ce qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 qu\u2019un traducteur ait eu un jour l\u2019id\u00e9e d\u2019au lieu de traduire un verset ou un hadith par exemple, se serait content\u00e9 de retrouver son \u00e9quivalent dans la Bible ?! Car il y en a des centaines de versets qui seraient les \u00e9quivalents des versets du Qour\u2019\u00ean.<\/p>\n<p>Ceci pour \u00e9tablir que la question des \u00e9quivalences dans le domaine culturel et religieux, qui s\u2019agit des notions relevant de la vision du monde et de la perception de la r\u00e9alit\u00e9, ne tient pas en traduction islamique.<\/p>\n<p>En effet, autant qu\u2019on transpose les contenus des mots et des phrases de l\u2019arabe vers le fran\u00e7ais, l\u2019on doit tout autant transposer les r\u00e9f\u00e9rents culturels tels quels, sans aucune modification ni pr\u00e9tendue \u00e9quivalence. C\u2019est un d\u00e9p\u00f4t. Voil\u00e0 ce qu\u2019est un travail de traducteur fid\u00e8le tant \u00e0 l\u2019esprit qu\u2019\u00e0 la lettre. Mais il est clair que pour atteindre \u00e0 ce niveau, il est imp\u00e9ratif d\u2019avoir d\u2019abord les comp\u00e9tences religieuses et linguistiques arabes\/fran\u00e7aises n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Par ailleurs, font partie des pratiques fond\u00e9es sur de faux-arguments que les enseignants des universit\u00e9s ont lors des cours \ua7f7 c\u2019est-\u00e0-dire les enseignants adeptes des Belles infid\u00e8les<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><strong>[7]<\/strong><\/a>, pour tenter de d\u00e9montrer l\u2019int\u00e9r\u00eat du syst\u00e8me des \u00e9quivalences, notamment culturelles \ua7f7 le fait de citer quelques proverbes ou citations arabes dont celle-ci \u00ab\u00a0<strong>\u0644\u064e\u0642\u064e\u062f\u0652 \u0623\u064e\u062b\u0652\u0644\u064e\u062c\u0652\u062a\u064e \u0635\u064e\u062f\u0652\u0631\u0650\u064a<\/strong> \u00bb. Une fois cet exemple phare est livr\u00e9 \u00e0 sec, l\u2019enseignant d\u00e9chaine sur une panoplie d\u2019interpr\u00e9tations pour donner de l\u2019attrait \u00e0 sa position. Il dira ainsi que si l\u2019on traduisait l\u2019expression par \u00ab Tu m\u2019as fait froid au c\u0153ur \u00bb, le lecteur fran\u00e7ais ne comprendra pas\u2026 C\u2019est pour cette raison qu\u2019il faudra utiliser son \u00e9quivalent qui est \u00ab Tu m\u2019as fait chaud au c\u0153ur \u00bb !<\/p>\n<p>Pourtant, on ne traduit pas que pour les Fran\u00e7ais\u00a0! Les francophones des d\u00e9serts et des pays chauds dans le monde comprendront bien cette tournure traduite telle quelle\u00a0! L\u00e0, tout particuli\u00e8rement, se manifeste le param\u00e8tre de d\u00e9culturation d\u00e9clench\u00e9 par le ph\u00e9nom\u00e8ne de prestige pour tout ce qui est fran\u00e7ais. On se laisse, par l\u00e0 m\u00eame, abandonner \u00e0 l\u2019effacement culturel et identitaire devant la culture fran\u00e7aise, sans pour autant ne penser aux cons\u00e9quences qui en d\u00e9coulent. Les concepteurs de ce choix des \u00e9quivalences pour les \u00e9l\u00e9ments culturels, sont-ils, en d\u00e9finitive, des th\u00e9oriciens fran\u00e7ais, pro-francisants ou francis\u00e9s\u00a0?!<\/p>\n<p>En fait, l\u2019auteur dans son texte de d\u00e9part, en arabe, n\u2019appartient pas forc\u00e9ment \u00e0 l\u2019univers culturel du lecteur lisant la traduction, du moins pour les Textes islamiques, Textes de savants de la Sounna, audios, pr\u00eaches, etc. Pourquoi alors ne pas transmettre la valeur culturelle qu\u2019il y a dans cette figure, plut\u00f4t que de la fausser voire de la meurtrir par le choix d\u2019une autre expression dans la langue d\u2019arriv\u00e9e, qui, dit-on, serait son \u00e9quivalent ? Les formules culturelles sont constitu\u00e9es de mots ; et les mots sont des entit\u00e9s vivantes. La valeur culturelle des mots et des expressions veut effectivement que le lecteur prenne conscience d\u2019une nouvelle notion, qu\u2019il apprenne un concept original, celui de l\u2019auteur traduit, qu\u2019il d\u00e9couvre une autre interpr\u00e9tation de la r\u00e9alit\u00e9 que la sienne, ou ce que l\u2019on appelle en linguistique d\u00e9coupage ou cat\u00e9gorisation du r\u00e9el. Autrement, le lecteur enrichira son potentiel cognitif et culturel en prenant connaissance d\u2019un proverbe ou d\u2019une tournure connot\u00e9e qui vient des entrailles du d\u00e9sert, o\u00f9 l\u2019on a tellement chaud et soif que, ce besoin vital \u00e9tant, celui de l\u2019expression figur\u00e9e, ait pouss\u00e9 les Arabes \u00e0 cr\u00e9er cette jolie all\u00e9gorie tellement d\u00e9monstrative et hautement instructive sur la r\u00e9alit\u00e9 au\/du D\u00e9sert.<\/p>\n<p>Avec une telle strat\u00e9gie, c\u2019est-\u00e0-dire traduire le r\u00e9f\u00e9rent culturel et non en choisir un parmi les r\u00e9f\u00e9rents culturels de l\u2019autre langue de ce qui serait son \u00e9quivalent, et notre exemple cit\u00e9 plus haut sert \u00e0 juste titre de point d\u2019illustration, le traducteur, connaisseur des deux cultures et des ressources linguistiques des deux langues, s\u2019emploiera \u00e0 gloser ce r\u00e9f\u00e9rent dans la marge.<\/p>\n<p>La glose, m\u00e9canisme de connaissance et d\u2019avertissement, a de tout temps constitu\u00e9 un instrument d\u2019enrichissement scientifique et culturel efficace. C\u2019est une m\u00e9thode scientifique qui donne de la force \u00e0 la traduction.<\/p>\n<p>En conclusion, les r\u00e9f\u00e9rents culturels propres \u00e0 la langue arabe, que l\u2019on retrouve dans les Textes islamiques doivent \u00eatre n\u00e9cessairement rendus et d\u00e9pos\u00e9s fid\u00e8lement dans le texte d\u2019arriv\u00e9e. Car, en fin de compte, une traduction id\u00e9ale doit se conformer au principe \u00ab Tout remettre, et ne rien omettre ! \u00bb. Seule proc\u00e9dure pour contourner les mauvaises habitudes des traducteurs qui aiment \u00e0 s\u2019immiscer dans le plein corps du texte de d\u00e9part et faire dire \u00e0 l\u2019auteur ce qu\u2019il n\u2019a pas dit. Il s\u2019agit en fait d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9norme ayant caus\u00e9 des d\u00e9g\u00e2ts dans les livres traduits qu\u2019on trouve de nos jours sur le march\u00e9 francophone. <em>Un traducteur islamique sinc\u00e8re et comp\u00e9tent ne saurait trahir la parole de l\u2019auteur\u00a0; il ne censure pas les pens\u00e9es des savants, non plus\u00a0!<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Important \u00e0 lire<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab La responsabilit\u00e9 du traducteur \u00bb<\/strong>, de l\u2019Imam Ibn Badis, PDF disponible sur : <a href=\"https:\/\/t.me\/Linguistiqueetislam\/125\">https:\/\/t.me\/Linguistiqueetislam\/125<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab\u00a0Comment traduire un mot correctement ?\u00a0\u00bb<\/strong>, sur : <a href=\"https:\/\/t.me\/Linguistiqueetislam\/34\">https:\/\/t.me\/Linguistiqueetislam\/34<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00ab La traduction et la transcription : deux s\u0153urs jumelles \u00bb<\/strong>, disponible sur : <a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/9925-2\/\">https:\/\/scienceetpratique.com\/9925-2\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Publi\u00e9 sur\u00a0:<\/strong><\/span> <a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/12270-2\/\">https:\/\/scienceetpratique.com\/12270-2\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/t.me\/Linguistiqueetislam\/206\">https:\/\/t.me\/Linguistiqueetislam\/206<\/a><\/p>\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><strong>[1]<\/strong><\/a> <strong>Georges Mounin,<\/strong> <strong><em>Les probl\u00e8mes th\u00e9oriques de la traduction<\/em><\/strong><strong>, Gallimard, Paris, 1963.<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><strong>[2]<\/strong><\/a> Voyez \u00e0 ce sujet notre article<strong> \u00ab\u00a0Le bon choix des \u00e9quivalents pour la recr\u00e9ation du style islamique dans la traduction\u00a0\u00bb<\/strong><strong>, sur\u00a0: <\/strong><a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/10017-2\/\">https:\/\/scienceetpratique.com\/10017-2\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><strong>[3]<\/strong><\/a> Voyez nos <strong>notules \u00ab La traduction litt\u00e9rale est le seul garant de la reproduction totale des donn\u00e9es du Texte islamique \u00bb<\/strong>, sur : <a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/11864-2\/\">https:\/\/scienceetpratique.com\/11864-2\/<\/a> ; et <strong>\u00ab La traduction litt\u00e9rale pour les Textes islamiques \u00bb,<\/strong> sur : <a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/11854-2\/\">https:\/\/scienceetpratique.com\/11854-2\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><strong>[4]<\/strong><\/a> Mathieu Guid\u00e8re, <em>Introduction \u00e0 la traductologie<\/em>, de boeck, Bruxelles, 2010, pp. 30-31.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><strong>[5]<\/strong><\/a> Goerges Mounin, <em>Les belles infid\u00e8les, <\/em>\u00c9ditions des cahiers du sud, Paris, 1955, p. 79.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><strong>[6]<\/strong><\/a> Micha\u00ebl Oustinoff, <em>La traduction<\/em>, PUF, Paris, 2003, p. 28.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\"><strong>[7]<\/strong><\/a> Un des premiers linguistes fran\u00e7ais, si ce n\u2019est le premier, ayant excell\u00e9, dans les ann\u00e9es 50, \u00e0 mettre \u00e0 nu cette tendance cibliste est Georges Mounin, dans son ouvrage <em>Les belles infid\u00e8les<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00e9nom\u00e8nes de traduction qui sont un probl\u00e8me en soi, notamment pour ce qui concerne la traduction islamique, il y a celui des \u00e9quivalences culturelles. L\u2019\u00e9quivalence culturelle est-elle une traduction\u00a0? Certainement pas\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La traduction est certainement un fait de bilinguisme<\/span><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><span style=\"color: #000000;\">, mais aussi ind\u00e9niablement un fait d\u2019interculturalit\u00e9\u00a0; et, pr\u00e9cis\u00e9ment de biculturalit\u00e9. Chaque langue \u00e9tant en effet v\u00e9hiculaire de la culture qui lui est sienne. Et puisqu\u2019on est, au moment de l\u2019op\u00e9ration traduisante, confront\u00e9s \u00e0 deux syst\u00e8mes linguistiques (arabe\/fran\u00e7ais) diff\u00e9rents, les deux cultures inh\u00e9rentes \u00e0 chacun sont aussi diff\u00e9rentes et en comp\u00e9tition incessante.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Ici justement \u00e9merge le ph\u00e9nom\u00e8ne des \u00e9quivalences qui, chez les traducteurs ciblistes, donne autorit\u00e9 \u00e0 la culture de la langue r\u00e9ceptive, c\u2019est-\u00e0-dire la langue 2 ou B ou encore d\u2019arriv\u00e9e, selon les diff\u00e9rentes terminologies en usage en linguistique et en traductologie, donc la langue fran\u00e7aise pour nous.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Nous parlons de ph\u00e9nom\u00e8ne des \u00e9quivalences, car le traducteur \u00e0 un moment de l\u2019acte traductif s\u2019arr\u00eate d\u2019\u00eatre traducteur et verse dans la culture de l\u2019Autre, pour ainsi devenir auteur, et c\u2019est justement \u00e0 ce niveau qu\u2019il quitte sa posture d\u2019effac\u00e9, car le traducteur est par d\u00e9finition un effac\u00e9 lors de son exercice, dit-on\u00a0; il se met alors dans la posture d\u2019un cr\u00e9ateur de texte ou d\u2019un \u00e9crivain et non plus d\u2019un \u00ab\u00a0r\u00e9-\u00e9crivain\u00a0\u00bb, car, la traduction, n\u2019est pas une \u00e9criture, mais une r\u00e9\u00e9criture\u00a0; une reconstitution dans une langue B d\u2019un texte pr\u00e9alablement \u00e9crit dans une langue A. Le texte \u00e9crit pr\u00e9existe au texte traduit. Celui-ci lui est subordonn\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Or, ce passage de traducteur en auteur est effectu\u00e9 \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 le traducteur commence \u00e0 chercher dans la culture d\u2019arriv\u00e9e (fran\u00e7aise) des \u00e9quivalents pour \u00ab\u00a0dire\u00a0\u00bb des expressions, certains mots et groupes de mots, des proverbes, etc. qui, \u00e0 ses yeux, seraient leurs \u00e9quivalents. Ainsi on saura que l\u2019\u00e9quivalence en ce sens de rechercher des \u00e9l\u00e9ments culturels plus ou moins \u00ab\u00a0semblables\u00a0\u00bb aux \u00e9l\u00e9ments \u00e0 traduire, n\u2019est plus un acte traduisant mais un acte \u00e9crivant. L\u2019on quitte de ce fait le domaine de la traduction pour celui de l\u2019\u00e9criture ou de la r\u00e9daction\u00a0; et c\u2019est par l\u00e0, tout particuli\u00e8rement, que s\u2019ouvre la grande porte d\u2019adaptation des textes de d\u00e9part et de trahison. Le traducteur, dans une pareille allure, sanctionne l\u2019auteur\u00a0; il censure sa pens\u00e9e et usurpe son statut.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Aussi, l\u2019\u00e9quivalence, de ce point de vue-l\u00e0, va en contradiction totale avec l\u2019esprit m\u00eame de ce qu\u2019est la Traduction. On ne traduit pas pour plaire, comme est l\u2019approche cibliste, appel\u00e9e \u00e0 juste titre les belles infid\u00e8les par certains linguistes, mais on traduit pour transposer des connaissances, transf\u00e9rer du sens d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre, d\u2019une culture \u00e0 l\u2019autre, on fait passer les \u00e9l\u00e9ments culturels du texte de d\u00e9part tels quels, afin que le lecteur lisant la traduction prenne connaissance de choses nouvelles appartenant \u00e0 la culture arabe&#8230; L\u2019on parle ici de plein droit de traduction et d\u2019interculturalit\u00e9. On traduit pour instruire.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Un admirateur fascin\u00e9 des belles lettres se penchera plut\u00f4t sur les \u00e9crits litt\u00e9raires et po\u00e9tiques et leurs traductions, et non sur les traductions islamiques.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Avec l\u2019op\u00e9ration du choix des \u00e9quivalents d\u2019une culture \u00e0 l\u2019autre et en se permettant \u00e0 les d\u00e9terminer comme tels pour l\u2019expression ou le proverbe que le traducteur a sous les yeux, celui-ci n\u2019est plus dans l\u2019interculturel, mais dans la d\u00e9culturation, dans la d\u00e9possession du Texte et de son auteur de leur propre identit\u00e9<\/span><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a>\u00a0; un autre grand ph\u00e9nom\u00e8ne qui pose \u00e9norm\u00e9ment probl\u00e8me en traduction islamique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Pourtant, dans les traductions religieuses, la m\u00e9thode requises par les premiers th\u00e9oriciens depuis il y a deux mill\u00e9naires est la traduction litt\u00e9rale<\/span><a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><strong>[3]<\/strong><\/a><span style=\"color: #000000;\">, celle-ci m\u00eame qui est adopt\u00e9e par l\u2019\u00e9cole sourci\u00e8re, qui est aux antipodes de l\u2019\u00e9cole cibliste. M\u00e9thode de traduire qui remonte \u00e0 deux mill\u00e9naires, consacr\u00e9e sp\u00e9cialement au Texte sacr\u00e9, tel que l\u2019a initi\u00e9e en premier Saint J\u00e9r\u00f4me (347-420) par son diptyque : \u00ab <em>verbum de verbo <\/em>\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0- dire, mot-\u00e0-mot dans le cas des myst\u00e8res (il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Bible), mais sens pour sens, \u00ab <em>sed sensum exprimer de sensu <\/em>\u00bb<em>, <\/em>partout ailleurs<em>. <\/em>Expression qui a \u00e9t\u00e9 reformul\u00e9e quelques ann\u00e9es plus tard par le grand admirateur de Saint J\u00e9r\u00f4me : Saint Augustin (354-430), qui a formul\u00e9 la notion de <em>fid\u00e9lit\u00e9, <\/em>autour de laquelle se cristallisera la probl\u00e9matique centrale de toutes les th\u00e9ories de traduction \u00e0 venir.<\/span><a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Dans ce m\u00eame rapport, d\u00e9crivant dans <em>Les belles infid\u00e8les <\/em>la d\u00e9marche litt\u00e9raliste de la traduction des Textes sacr\u00e9s mise au point par St J\u00e9r\u00f4me, G. Mounin rappelle les propos de ce dernier : \u00ab Et pour son propre compte, saint J\u00e9r\u00f4me ajoute :\u2019\u2019Quand je traduis les Grecs, \u2014 sauf dans les saintes \u00c9critures, o\u00f9 l\u2019ordre des mots et aussi myst\u00e8re, \u2014ce n\u2019est pas un mot par un mot, mais une id\u00e9e par une id\u00e9e, que j\u2019exprime \u00bb [<em>Non verbum e verbo, sed sensum exprimere de sensu<\/em>]<\/span><em><span style=\"color: #000000;\">. \u00bb<\/span><a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><strong>[5]<\/strong><\/a><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Pour sa part, Micha\u00ebl Oustinoff \u00e9crit \u00e0 ce sujet : \u00ab Cette distinction introduite par saint J\u00e9r\u00f4me est essentielle : elle souligne la diff\u00e9rence entre textes religieux et textes profanes au regard de la traduction. Dans le premier cas, il faut davantage s\u2019en tenir au mot \u00e0 mot. C\u2019est la m\u00e9thode que pr\u00e9conise Philon [n\u00e9 av. l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne], membre de la communaut\u00e9 juive d\u2019Alexandrie : seule la traduction litt\u00e9rale serait en mesure de ne pas alt\u00e9rer les textes sacr\u00e9s. \u00bb<\/span><a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><strong>[6]<\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Nonobstant, ce qui s\u2019est tr\u00e8s tristement pass\u00e9 dans les Textes islamiques que l\u2019on traduit est bien le contraire. Nombre consid\u00e9rable, si ce n\u2019est majoritaire, de traducteurs ont invers\u00e9 la r\u00e8gle. Ils traduisent les Textes de l\u2019islam sous la m\u00e9thode de la traduction libre, qui n\u2019est autre que celles des Belles infid\u00e8les\u00a0! Ils ont effectivement effac\u00e9 les fronti\u00e8res qui se trouvent entre un texte religieux et un texte profane. Raison pour laquelle on ne cesse de produire des traductions qui d\u00e9naturent le Texte source \u00e0 bien des \u00e9gards et pr\u00e9senter des livres dont le contenu est d\u2019apport scientifique et intellectuel tr\u00e8s faible, voire quelquefois fauss\u00e9e. Voil\u00e0 pourquoi on lit et on sort \u00e0 la fin de chaque lecture avec des b\u00e9n\u00e9fices maigres, sur tous les plans (religion, langue, traduction, culture, etc.). Il s\u2019agit en outre de l\u2019une des raisons principales retardant l\u2019acquisition religieuse chez les lecteurs francophones.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Revenons au sujet qui nous pr\u00e9occupe, concernant justement ce syst\u00e8me des \u00e9quivalences culturelles, est-ce qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 qu\u2019un traducteur ait eu un jour l\u2019id\u00e9e d\u2019au lieu de traduire un verset ou un hadith par exemple, se contentera de retrouver son \u00e9quivalent dans la Bible\u00a0?! Car il y en a des centaines de versets qui seraient les \u00e9quivalents des versets du Qour\u2019\u00ean.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Ceci pour \u00e9tablir que la question des \u00e9quivalences dans le domaine culturel et religieux, qui s\u2019agit des notions relevant de la vision du monde et de la perception de la r\u00e9alit\u00e9, ne tient pas en traduction islamique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">En effet, autant qu\u2019on transpose les contenus des mots et des phrases de l\u2019arabe vers le fran\u00e7ais, l\u2019on doit tout autant transposer les \u00e9l\u00e9ments culturels tels quels, sans aucune modification ni pr\u00e9tendue \u00e9quivalence. Voil\u00e0 ce qu\u2019est un travail de traducteur fid\u00e8le tant \u00e0 l\u2019esprit qu\u2019\u00e0 la lettre. Mais il est clair que pour atteindre \u00e0 ce niveau, il est imp\u00e9ratif d\u2019avoir d\u2019abord les comp\u00e9tences religieuses et linguistiques arabes\/fran\u00e7aises n\u00e9cessaires.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Par ailleurs, font partie des pratiques fond\u00e9es sur de faux-arguments que les enseignants des universit\u00e9s donnent lors des cours \ua7f7 c\u2019est-\u00e0-dire les enseignants adeptes des Belles infid\u00e8les<\/span><a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><strong>[7]<\/strong><\/a><span style=\"color: #000000;\">, pour tenter de d\u00e9montrer l\u2019int\u00e9r\u00eat du syst\u00e8me des \u00e9quivalences, notamment culturelles \ua7f7 le fait de citer quelques proverbes ou citations arabes dont celle-ci \u00ab <strong>\u0644\u064e\u0642\u064e\u062f\u0652 \u0623\u064e\u062b\u0652\u0644\u064e\u062c\u0652\u062a\u064e \u0635\u064e\u062f\u0652\u0631\u0650\u064a\u00a0<\/strong>\u00bb. Une fois cet exemple phare est livr\u00e9 \u00e0 sec, l\u2019enseignant d\u00e9chaine sur une panoplie d\u2019interpr\u00e9tations pour donner de l\u2019attrait \u00e0 sa position. Il dira ainsi que si l\u2019on traduisait l&rsquo;expression par \u00ab Tu m\u2019as fait froid au c\u0153ur \u00bb, le lecteur fran\u00e7ais ne comprendra pas\u2026 C\u2019est pourquoi il faudra employer son \u00e9quivalent qui est \u00ab Tu m\u2019as fait chaud au c\u0153ur \u00bb !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Pourtant, on ne traduit pas que pour les Fran\u00e7ais ! Les francophones des d\u00e9serts dans le monde comprendront bien cette tournure arabe traduite telle quelle ! L\u00e0, tout particuli\u00e8rement, se manifeste le param\u00e8tre de d\u00e9culturation d\u00e9clench\u00e9 par la notion de prestige pour tout ce qui est fran\u00e7ais. On s\u2019abandonne par l\u00e0 m\u00eame \u00e0 l\u2019effacement culturel et identitaire devant la culture fran\u00e7aise, sans pour autant ne penser aux cons\u00e9quences qui en d\u00e9coulent. Les concepteurs de ce choix des \u00e9quivalences pour les \u00e9l\u00e9ments culturels, sont-ils, en d\u00e9finitive, des th\u00e9oriciens fran\u00e7ais, pro-francisants ou francis\u00e9s ?!<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">En fait, l\u2019auteur dans son texte de d\u00e9part, en arabe, n\u2019appartient pas forc\u00e9ment \u00e0 l\u2019univers culturel du lecteur lisant la traduction, du moins pour les Textes islamiques, Textes de savants de la Sounna, audios, pr\u00eaches, etc. Pourquoi alors ne pas transmettre la valeur culturelle qu\u2019il y a dans cette figure, plut\u00f4t que de la fausser voire de la meurtrir par le choix d\u2019une autre expression dans la langue d\u2019arriv\u00e9e, qui, dit-on, serait son \u00e9quivalent ? Les formules culturelles sont constitu\u00e9es de mots ; et les mots sont des entit\u00e9s vivantes. La valeur culturelle des mots et des expressions veut effectivement que le lecteur prenne conscience d\u2019une nouvelle notion, qu\u2019il d\u00e9couvre une nouvelle interpr\u00e9tation de la r\u00e9alit\u00e9, ou ce que l\u2019on appelle en linguistique d\u00e9coupage ou cat\u00e9gorisation du r\u00e9el. Autrement, le lecteur enrichira son potentiel cognitif et culturel en prenant connaissance d&rsquo;un proverbe ou d&rsquo;une tournure connot\u00e9e qui vient des entrailles du d\u00e9sert, o\u00f9 l\u2019on a tellement chaud et soif que, ce besoin vital \u00e9tant, ait pouss\u00e9 les b\u00e9douins \u00e0 cr\u00e9er cette joilie all\u00e9gorie tellement expressive et hautement instructive sur la r\u00e9alit\u00e9 au\/du D\u00e9sert.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Dans une telle situation, traduire les \u00e9l\u00e9ments culturels et non en choisir un parmi les \u00e9l\u00e9ments culturels de l\u2019autre langue de ce qui serait son \u00e9quivalent, et notre exemple ici pr\u00e9sent peut servir de point d\u2019illustration, le traducteur, connaisseur des deux cultures et des ressources linguistiques des deux langues, s\u2019emploiera \u00e0 gloser dans la marge le proverbe ou l\u2019\u00e9l\u00e9ment culturel en question.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les gloses, m\u00e9canisme de connaissance et d\u2019avertissement, ont de tout temps constitu\u00e9 un instrument d\u2019enrichissement scientifique et culturel efficace. C\u2019est une m\u00e9thode scientifique qui donne de la force \u00e0 la traduction.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Enfin, les \u00e9l\u00e9ments culturels propres \u00e0 la langue arabe, que l\u2019on retrouve dans les Textes islamiques doivent \u00eatre n\u00e9cessairement rendus et d\u00e9pos\u00e9s fid\u00e8lement dans le texte d&rsquo;arriv\u00e9e. Car, en fin de compte, une traduction id\u00e9ale doit se conformer au principe \u00ab Tout remettre, et ne rien omettre ! \u00bb. Seule proc\u00e9dure pour \u00e9chapper aux mauvaises habitudes des traducteurs qui aiment \u00e0 s\u2019immiscer dans le plein corps du texte de d\u00e9part et faire dire \u00e0 l\u2019auteur ce qu\u2019il n\u2019a pas dit. Il s\u2019agit en fait d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9norme ayant caus\u00e9 des d\u00e9g\u00e2ts dans les livres traduits qu\u2019on trouve de nos jours sur le march\u00e9 francophone. <em>Un traducteur islamique sinc\u00e8re et comp\u00e9tent ne saurait trahir la parole de l\u2019auteur\u00a0; il ne censure pas les pens\u00e9es des savants, non plus\u00a0!<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Important \u00e0 lire<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>\u00ab La responsabilit\u00e9 du traducteur \u00bb<\/strong><\/span>, de l\u2019Imam Ibn Badis, PDF disponible sur :<\/span> <a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/?p=13763\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/scienceetpratique.com\/?p=13763<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>\u00ab Comment traduire un mot correctement ? \u00bb<\/strong><span style=\"color: #000000;\">,<\/span><\/span> sur :<\/span> <a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/?p=13214\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/scienceetpratique.com\/?p=13214<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>\u00ab La traduction et la transcription : deux s\u0153urs jumelles \u00bb<\/strong><\/span>, disponible sur :<\/span> <a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/9925-2\/\">https:\/\/scienceetpratique.com\/9925-2\/<\/a><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Publi\u00e9 sur: https:\/\/scienceetpratique.com\/12270-2\/\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/t.me\/Linguistiqueetislam\/206\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/t.me\/Linguistiqueetislam\/206\u00a0<\/a><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><strong>[1]<\/strong><\/a> <span style=\"color: #000000;\"><strong>Georges Mounin,<\/strong> <strong><em>Les probl\u00e8mes th\u00e9oriques de la traduction<\/em><\/strong><strong>, Gallimard, Paris, 1963.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><strong>[2]<\/strong><\/a> <span style=\"color: #000000;\">Voyez \u00e0 ce sujet notre article<strong> \u00ab\u00a0Le bon choix des \u00e9quivalents pour la recr\u00e9ation du style islamique dans la traduction\u00a0\u00bb<\/strong><strong>, sur\u00a0: <\/strong><\/span><a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/10017-2\/\">https:\/\/scienceetpratique.com\/10017-2\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><strong>[3]<\/strong><\/a> <span style=\"color: #000000;\">Voyez nos <strong>notules \u00ab La traduction litt\u00e9rale est le seul garant de la reproduction totale des donn\u00e9es du Texte islamique \u00bb<\/strong>, sur :<\/span> <a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/11864-2\/\">https:\/\/scienceetpratique.com\/11864-2\/<\/a><span style=\"color: #000000;\"> ; et <strong>\u00ab La traduction litt\u00e9rale pour les Textes islamiques \u00bb,<\/strong> sur :<\/span> <a href=\"https:\/\/scienceetpratique.com\/11854-2\/\">https:\/\/scienceetpratique.com\/11854-2\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><strong>[4]<\/strong><\/a> <span style=\"color: #000000;\">Mathieu <\/span><span style=\"color: #000000;\">Guid\u00e8re, <em>Introduction \u00e0 la traductologie<\/em>, de boeck, Bruxelles, 2010, pp. 30-31.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><strong>[5]<\/strong><\/a> Georges <span style=\"color: #000000;\">Mounin, <em>Les belles infid\u00e8les, <\/em>\u00c9ditions des cahiers du sud, Paris, 1955, p. 79.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><strong>[6]<\/strong><\/a> Micha\u00ebl\u00a0<span style=\"color: #000000;\">Oustinoff, <em>La traduction<\/em>, PUF, Paris, 2003, p. 28.<strong>\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\"><strong>[7]<\/strong><\/a> <span style=\"color: #000000;\">Un des premiers linguistes fran\u00e7ais, si ce n\u2019est le premier, ayant excell\u00e9, dans les ann\u00e9es 50, \u00e0 mettre \u00e0 nu cette tendance cibliste est Georges Mounin, dans son ouvrage <em>Les belles infid\u00e8les.<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9quivalents culturels, des monstres qui d\u00e9vorent la repr\u00e9sentation du r\u00e9el en islam Dr Abderrahmane AYAD (Abo\u00fb Fah\u00eema) PDF Parmi les ph\u00e9nom\u00e8nes de la traduction qui sont un probl\u00e8me en soi, particuli\u00e8rement pour ce qui concerne la traduction islamique, il y a celui des \u00e9quivalences culturelles. L\u2019\u00e9quivalence culturelle est-elle une traduction\u00a0? Certainement pas\u00a0! 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